Aircalin : colère et incompréhension des passagers après une nouvelle annulation de vol
La série noire se poursuit pour Aircalin. Dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 août, un nouveau vol entre Nouméa et Paris a été annulé après la découverte d’un problème sur un réacteur. Après plusieurs jours de perturbations, les témoignages de voyageurs se multiplient. Au-delà des incidents techniques, certains dénoncent surtout un manque d’information et d’anticipation de la compagnie calédonienne.
Les difficultés continuent pour Aircalin sur son réseau long-courrier. Le vol SB500, qui devait quitter Nouméa dans la nuit de dimanche à lundi pour rejoindre Paris via Bangkok, a finalement été annulé. L’annonce est intervenue environ trente minutes après l’heure initialement prévue pour le décollage, alors que les voyageurs avaient déjà effectué les formalités d’enregistrement.
Selon les explications fournies par Aircalin lundi matin, une inspection de l’Airbus A330neo a permis de découvrir un petit éclat sur l’une des pales d’un réacteur. Pour des raisons de sécurité, la pièce doit impérativement être remplacée afin d’éviter que l’éclat ne se transforme en fissure. La compagnie indique que la reprogrammation des vols est en cours.
Cette nouvelle avarie intervient alors qu’Aircalin traverse déjà une période particulièrement compliquée. Les vols prévus samedi 15 et dimanche 16 août entre Nouméa, Bangkok et Paris avaient notamment été annulés en raison de l’immobilisation d’un autre Airbus A330neo depuis le 8 août.
Des passagers bloqués et contraints de revoir leurs plans
Pour les voyageurs concernés, cette succession d’incidents commence à avoir des conséquences importantes. Certains doivent reprendre leur travail en métropole dans les prochains jours et ignorent encore quand ils pourront finalement quitter la Nouvelle-Calédonie.
Un passager explique ne pas comprendre pourquoi les voyageurs ont dû se rendre jusqu’à l’aéroport, patienter et enregistrer leurs bagages avant d’apprendre que leur appareil ne partirait finalement pas.
D’autres se retrouvent confrontés à des problèmes très concrets. Une voyageuse avait ainsi rendu sa voiture de location avant son départ. Après l’annulation, elle ne disposait plus de moyen de transport pour rejoindre sa famille et envisageait de passer la nuit à l’aéroport.
L’exaspération est d’autant plus forte chez certains voyageurs qu’ils avaient déjà subi d’importants retards lors de leur trajet aller. L’un d’eux évoque plus de 19 heures de retard et décrit désormais l’organisation des vols comme du « bricolage ».
Des changements d’itinéraire jusque dans les dernières heures
Les perturbations ne concernent pas uniquement les passagers présents en Nouvelle-Calédonie. Des voyageurs bloqués ou en transit en Asie doivent également composer avec des modifications successives de leur programme.
Une Calédonienne qui devait rejoindre Nouméa depuis Bangkok raconte avoir reçu vendredi un premier message lui annonçant l’annulation de son vol du dimanche et son report. Elle avait donc réservé une nuit supplémentaire dans la capitale thaïlandaise.
Mais son itinéraire a une nouvelle fois été modifié. Dimanche matin, un nouveau message lui indiquait qu’elle devait finalement rejoindre Singapour dans la soirée afin d’embarquer sur un vol à destination de Nouméa le lendemain matin.
La passagère affirme avoir reçu une proposition automatique lui demandant simplement d’accepter ou de refuser le nouvel itinéraire, sans disposer d’explications supplémentaires sur l’organisation de son voyage.
Le manque d’information au cœur des critiques
Pour plusieurs voyageurs, le principal problème dépasse désormais les retards eux-mêmes. C’est la communication d’Aircalin qui est directement mise en cause.
La passagère partie de Bangkok explique notamment avoir réservé elle-même un hôtel à Singapour, faute d’informations sur une éventuelle prise en charge. Une fois arrivée à l’aéroport, elle a découvert qu’une personne mandatée par Aircalin l’attendait justement pour la conduire dans un hébergement prévu par la compagnie.
Sa propre réservation n’étant pas remboursable, elle a finalement conservé l’hôtel qu’elle avait payé.
Elle regrette surtout l’absence d’un message détaillant clairement les dispositifs prévus pour les passagers : hébergement, prise en charge des dépenses, possibilités de remboursement ou encore nécessité de conserver les différentes factures.
Une meilleure communication permettrait, selon elle, d’éviter des dépenses inutiles et une partie de l’incertitude générée par les changements successifs d’itinéraire.
Une semaine particulièrement difficile pour Aircalin
Les perturbations s’enchaînent depuis le 8 août, date à laquelle un Airbus A330neo d’Aircalin a été immobilisé à La Tontouta à la suite d’un problème affectant un groupe électrogène de l’appareil.
Avec une flotte long-courrier limitée, l’indisponibilité d’un appareil entraîne rapidement des conséquences sur l’ensemble du programme. La compagnie a ainsi dû procéder à plusieurs reports, annulations et changements d’itinéraires, notamment entre Nouméa, Bangkok, Singapour et Paris.
La sécurité aérienne impose par ailleurs à la compagnie de ne prendre aucun risque lorsqu’une anomalie technique est détectée. Mais pour les passagers, les critiques portent désormais largement sur la manière dont les conséquences de ces incidents sont gérées et expliquées.
Aircalin convoquée devant les élus calédoniens
Les difficultés rencontrées par la compagnie prennent désormais une dimension politique. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a annoncé qu’une commission plénière se réunira mercredi 19 août.
Les représentants d’Aircalin doivent y être auditionnés afin de s’expliquer sur les problèmes techniques rencontrés ces derniers jours.
Après une semaine d’annulations et de reports, les élus devraient notamment chercher à comprendre l’origine de cette succession d’incidents et leurs conséquences sur la continuité des liaisons aériennes de la Nouvelle-Calédonie. Pour les passagers toujours dans l’attente d’une solution, l’urgence reste toutefois plus immédiate : savoir quand et dans quelles conditions ils pourront enfin rejoindre leur destination.



