Vendredi 1er mai, à Bouraké, dans la commune de Boulouparis, une scène qu’on aurait cru réservée aux mauvais films s’est invitée dans le réel. Rolland Moisson, 43 ans, figure connue du monde équin calédonien, a été tué par balle. Un voisin, un champ, une débroussailleuse un jour férié… et soudain la dispute change de catégorie, elle passe du rancunier au mortel.
Le procureur de la République, Yves Dupas, a officialisé les faits: une enquête pour homicide volontaire est ouverte. Selon le communiqué, Rolland Moisson et ses fils entretenaient un champ « utilisé pour y accueillir leurs chevaux » quand le voisin est arrivé en voiture, arme à la main, furieux contre l’usage de l’engin ce jour-là. Trois tirs auraient été effectués « en direction du père de famille et des enfants ». Oui, vous avez bien lu: des enfants pris dans la ligne de mire, sur fond de conflit de voisinage qui traînait, comme une braise jamais éteinte.
Quand l’arme parle, la République recule
Quand l’arme parle, la République recule La suite glace. La victime s’approche, tente de répliquer après avoir reçu des coups au visage, et le mis en cause tire dans l’abdomen, avant de proférer des menaces de mort contre l’un des fils. Les secours interviennent vite, Rolland Moisson est évacué vers le Médipôle dans un état critique, il meurt en route. Le suspect, lui, est interpellé « sans difficulté », placé en garde à vue, et les enquêteurs saisissent plusieurs armes à son domicile, dont un pistolet compatible avec les étuis retrouvés sur place. Cerise sinistre: l’homme serait adhérent et même responsable au sein du club de tir de Ouano.
On peut tourner ça comme on veut, parler de « conflit persistant », de chemin, de passages répétés, de terrain disputé. Reste une vérité brute: quand un différend se règle au calibre, c’est l’autorité, l’Etat, la paix civile qui prennent une balle symbolique en pleine poitrine. L’Union des associations de rodéo de Nouvelle-Calédonie a rendu hommage à un homme « passionné, engagé et profondément attaché à ses valeurs »



