Cancer : une proposition de loi pour déployer la médecine nucléaire thérapeutique jusqu’en Outre-mer

Par Jeanne Letard 2 min de lecture
Cancer : une proposition de loi pour déployer la médecine nucléaire thérapeutique jusqu’en Outre-mer
Cancer : une proposition de loi pour déployer la médecine nucléaire thérapeutique jusqu’en Outre-mer Image : DR

Examinée en première lecture au Sénat le 13 octobre 2026, une proposition de loi portée par la sénatrice Marie-Do Aeschlimann entend accélérer le développement de la Radiothérapie Interne Vectorisée en France, avec un volet spécifique pour les territoires ultramarins où certains cancers affichent une prévalence élevée.

C’est un texte législatif qui pourrait transformer en profondeur la prise en charge des patients atteints de cancer, y compris dans les Outre-mer. La proposition de loi visant à accélérer le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie, portée par Marie-Do Aeschlimann, sénatrice des Hauts-de-Seine originaire de Saint-Claude en Guadeloupe, était en première lecture au Palais du Luxembourg ce mardi 13 octobre 2026.

Le texte place au cœur de ses ambitions la Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV), une technique innovante qui consiste à administrer un produit radioactif par voie orale ou intraveineuse afin de cibler précisément les cellules cancéreuses, tout en limitant l’irradiation des tissus sains environnants. Prometteuse sur le plan thérapeutique, cette méthode reste aujourd’hui largement sous-utilisée : depuis 2024, à peine plus de 3 000 patients en ont bénéficié à l’échelle nationale. La proposition de loi fixe un horizon bien plus ambitieux, avec une fourchette comprise entre 20 000 et 50 000 patients traités d’ici 2035, sous réserve d’une montée en charge progressive et organisée.

Pour y parvenir, le texte préconise l’élaboration d’un plan national de développement de la médecine nucléaire. Ce plan reposerait sur plusieurs leviers : l’augmentation du nombre de centres de soins habilités, la simplification des procédures d’accès au traitement, l’amélioration des conditions d’approvisionnement en produits radioactifs et le renforcement de la formation continue des manipulateurs en radiologie, dont les compétences spécifiques sont indispensables à la généralisation de cette technique.

La dimension ultramarine du texte mérite une attention particulière. Les territoires d’Outre-mer souffrent d’inégalités structurelles en matière d’accès aux soins spécialisés, et la proposition de loi entend y remédier en intégrant explicitement ces territoires dans le périmètre du futur plan national. Aux Antilles notamment, la prévalence du cancer de la prostate est reconnue comme significativement plus élevée que dans l’Hexagone, ce qui rend l’enjeu d’une offre de soins adaptée et accessible d’autant plus pressant.

Le contexte épidémiologique national donne toute sa mesure à cette initiative législative : en 2025, 433 000 nouveaux cas de cancers ont été déclarés en France. Face à cette réalité, élargir l’arsenal thérapeutique disponible et rééquilibrer géographiquement l’offre de soins constituent des impératifs de santé publique auxquels la proposition d’Aeschlimann apporte une réponse concrète et structurée.