Madagascar : la peste progresse vers Antananarivo, le ministère de la Santé déploie un protocole d’urgence

Trois décès probablement liés à la peste ont été enregistrés le 10 octobre à l’hôpital de Midongy Atsimo. De nouveaux foyers suspects ont depuis été identifiés aux portes de la capitale malgache, dans la région d’Analamanga, poussant les autorités sanitaires à mobiliser d’importants moyens sur le terrain.
La saison de la peste suit son cycle habituel à Madagascar. Chaque année, entre l’hiver et le début de l’été austral, la bactérie Yersinia pestis refait surface sur la Grande île. Un premier foyer potentiel avait déjà été signalé dès la fin du mois de juillet 2026.
Le samedi 10 octobre, trois membres d’une même famille ont été admis à l’hôpital de Midongy Atsimo, dans le sud-est du pays : deux personnes âgées et leur petit-fils, la vingtaine. Tous trois sont décédés, probablement des suites d’une infection pestilentielle. Les analyses sont toujours en cours pour déterminer s’il s’agit de la forme bubonique, pulmonaire ou septicémique de la maladie.
À titre préventif, quelque 200 proches des victimes ont été pris en charge par des soignants. Trois autres cas ont été hospitalisés à l’issue de cette intervention.
La situation préoccupe désormais au-delà de cette zone isolée. Le ministère malgache de la Santé publique a confirmé l’apparition de nouveaux cas suspects dans la région Haute Matsiatra, à environ 400 kilomètres au sud de la capitale, mais aussi dans la proche banlieue d’Antananarivo, notamment à Ankazobe et Anjozorobe, deux secteurs de la région Analamanga. La capitale et son agglomération comptent entre 3,9 et 4,2 millions d’habitants selon le dernier recensement de 2025-2026.
Face à cette extension géographique, les autorités ont enclenché une réponse coordonnée. « Afin de contenir tout risque de propagation autour des foyers identifiés à Analamanga et dans les autres régions, le ministère de la Santé publique a déployé un protocole d’urgence », indiquent les services concernés. Sur le terrain, agents municipaux et renforts ministériels multiplient les opérations de désinsectisation et de dératisation, les puces et les rats constituant les principaux vecteurs de transmission de la bactérie. Des équipes de sensibilisation ont également été déployées auprès des populations des zones touchées.


