Le débat autour de l’état de santé d’Ahmed Abdallah Sambi continue d’alimenter les tensions aux Comores. Alors que ses médecins estiment qu’une prise en charge spécialisée à l’étranger est nécessaire, le parquet général considère qu’aucune urgence médicale ne justifie actuellement une évacuation sanitaire.

Âgé de 68 ans, l’ancien président comorien fait l’objet d’une nouvelle demande de transfert médical formulée par ses proches. Selon les praticiens qui assurent son suivi, il souffrirait d’une pathologie cardiaque nécessitant des examens spécialisés, notamment une coronarographie, un acte médical qui ne peut pas être réalisé dans l’archipel.

Le procureur général, Ahamada Hamidou, a toutefois rejeté cette demande. Lors d’une prise de parole publique, il a affirmé qu’aucun élément médical ne permettait, à ce stade, de conclure à une nécessité d’évacuation urgente vers l’étranger. Il a également assuré qu’il aurait soutenu une telle démarche si elle avait été clairement recommandée par les médecins mandatés dans le cadre de l’expertise.

Des avis médicaux contradictoires

Aux côtés du procureur général, le docteur Saïd Moussa, responsable du service anesthésie-réanimation de l’hôpital El-Maarouf, a indiqué que le pronostic vital de l’ancien chef de l’État n’était pas engagé à court terme. Son analyse repose sur l’étude du dossier médical et sur les conclusions transmises par les experts désignés par les autorités.

Cette position ne fait toutefois pas l’unanimité. Les médecins qui suivent Ahmed Abdallah Sambi, tout comme plusieurs praticiens sollicités dans le cadre des expertises précédentes, évoquent un risque cardiovasculaire important nécessitant des examens complémentaires indisponibles aux Comores.

L’absence d’équipements adaptés dans le pays constitue d’ailleurs l’un des principaux arguments avancés par les proches de l’ancien président pour justifier son transfert vers une structure hospitalière étrangère.

Un dossier devenu hautement sensible

Au fil des mois, la question de l’état de santé d’Ahmed Abdallah Sambi a largement dépassé le cadre médical pour devenir un sujet politique majeur dans l’archipel. Chaque nouvelle expertise ou déclaration officielle est désormais scrutée par ses soutiens comme par ses adversaires.

Face aux accusations et aux soupçons qui entourent ce dossier, les autorités comoriennes ont annoncé leur intention de solliciter un médecin ou un cabinet médical étranger afin de réaliser une nouvelle évaluation indépendante. L’objectif affiché est de disposer d’un avis extérieur susceptible de mettre fin aux contestations sur l’état réel de santé de l’ancien président.

Aucune date n’a toutefois été communiquée concernant l’arrivée de cette expertise internationale. Dans l’attente de nouvelles conclusions médicales, Ahmed Abdallah Sambi demeure au cœur d’un dossier où les enjeux judiciaires, politiques et sanitaires restent étroitement liés.

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