La cour d’appel a rendu sa décision ce jeudi dans l’affaire des indemnités de séjour perçues par Didier Robert lorsqu’il présidait la Région Réunion. L’ancien élu est condamné pour prise illégale d’intérêts mais échappe à la condamnation pour concussion retenue en première instance.
La juridiction a prononcé une peine d’un an d’inéligibilité assortie d’une amende de 10 000 euros. Cette décision marque un net allègement par rapport au jugement rendu en novembre 2024 par le tribunal correctionnel de Saint-Denis.
Le dossier portait sur des indemnités journalières de résidence versées entre 2016 et 2020. À cette période, Didier Robert percevait une indemnité de 90 euros par jour destinée aux élus dont le domicile se situait hors de Saint-Denis.
Plus de 134 000 euros au cœur du dossier
Selon les observations de la Chambre régionale des comptes, l’ancien président de Région ne remplissait plus les conditions nécessaires pour bénéficier de ce dispositif à partir de 2016. Les contrôleurs estimaient qu’il résidait alors à Saint-Denis et non plus au Tampon.
Le montant total des indemnités concernées atteint près de 134 000 euros. C’est sur cette base que la procédure judiciaire avait été engagée, aboutissant à des poursuites pour concussion et prise illégale d’intérêts.
En première instance, Didier Robert avait été reconnu coupable des deux infractions. Le tribunal correctionnel l’avait condamné à huit mois de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. L’ancien président de Région avait immédiatement contesté cette décision en faisant appel.
Une peine largement réduite
Lors de l’audience devant la cour d’appel, le parquet général avait pourtant demandé un durcissement des sanctions. Il avait requis douze mois d’emprisonnement, dont six mois sous bracelet électronique, une amende de 150 000 euros ainsi que cinq années d’inéligibilité.
Les magistrats ont finalement retenu une analyse différente. La qualification de concussion a été abandonnée et seule la prise illégale d’intérêts a été retenue contre l’ancien dirigeant de la collectivité régionale.
Cette décision met un terme à l’un des dossiers judiciaires les plus suivis de la vie politique réunionnaise ces dernières années. Elle intervient alors que les questions de transparence dans l’utilisation des fonds publics demeurent au cœur des attentes des contribuables et des électeurs de l’île.
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