Entre sécheresses sévères et inondations à répétition, la maîtrise de la ressource en eau reste un défi majeur en Guyane. Pour mieux anticiper ces phénomènes, le projet Bio-Plateaux développe depuis 2019 une plateforme commune de données, avec l’appui des technologies spatiales.

Une plateforme pour partager les données

Le projet réunit scientifiques, institutions et collectivités autour d’un objectif : centraliser les informations liées à l’eau dans le bassin du Maroni et en Amazonie.

« L’idée était de créer une plateforme pour déverser toutes nos informations ensemble », explique Franck Chow-Toun, responsable de la planification à l’Office de l’Eau de Guyane et initiateur du projet.

Cette plateforme, baptisée Observatoire Bio-Plateaux, est désormais accessible en ligne et permet de mutualiser les données environnementales entre la Guyane, le Suriname et le Brésil.

Dans un environnement amazonien où les relevés de terrain restent complexes, les chercheurs s’appuient de plus en plus sur les satellites.

Ces technologies permettent de suivre les précipitations, les niveaux des cours d’eau et d’améliorer les modèles de prévision. « Le spatial permet de compléter là où il n’est pas possible d’aller », souligne Rémi Boyer, chef du projet Bio-Plateaux à l’Office international de l’Eau.

L’objectif est de renforcer la fiabilité des données et d’anticiper plus efficacement les épisodes extrêmes.

Les événements récents ont montré l’urgence de disposer d’outils performants. En 2022, des inondations avaient frappé plusieurs communes de l’intérieur, notamment Camopi et Grand-Santi. Un an plus tard, le Maroni atteignait un niveau historiquement bas.

Pour les collectivités, ces données doivent permettre de construire des politiques publiques adaptées et d’améliorer la prévention des risques.

La France, le Suriname et la Collectivité territoriale de Guyane ont signé en 2025 un accord de coopération transfrontalière autour de cette question. Mais sur le terrain, la mise en œuvre concrète reste encore limitée.

Le projet Bio-Plateaux apparaît néanmoins comme un outil stratégique pour mieux comprendre les évolutions climatiques et protéger les populations face aux dérèglements qui frappent déjà le plateau des Guyanes.

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