La course à la succession d’Antonio Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies est désormais lancée. À l’issue du premier « vote indicatif » organisé par le Conseil de sécurité, la diplomate guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett s’impose comme l’une des principales prétendantes au poste de secrétaire générale. Elle occupe la deuxième place du classement provisoire, derrière la Costaricaine Rebeca Grynspan, renforçant l’hypothèse d’une première femme, et potentiellement d’une Sud-Américaine, à la tête de l’ONU.
Cette première consultation, organisée à huis clos, ne désigne pas le futur secrétaire général, mais permet d’évaluer le niveau de soutien dont bénéficient les candidats auprès des quinze membres du Conseil de sécurité.
Une diplomate guyanienne en pleine ascension
Âgée de 52 ans, Carolyn Rodrigues-Birkett est l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana et représente aujourd’hui son pays auprès des Nations unies. Avant ce premier vote, elle s’était déjà distinguée lors du Town Hall organisé devant les États membres, où son intervention avait été particulièrement remarquée.
Selon les évaluations réalisées à cette occasion, elle avait convaincu près de la moitié des observateurs, faisant d’elle l’une des personnalités les plus en vue de cette campagne. Son profil diplomatique et son expérience des négociations internationales contribuent aujourd’hui à la placer parmi les candidats les plus crédibles.
Elle se retrouve désormais derrière Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la CNUCED, mais devant plusieurs personnalités internationales, dont Rafael Grossi, Michelle Bachelet, María Fernanda Espinosa, Olara Otunnu et l’ancien président sénégalais Macky Sall.
Une élection encore largement ouverte
Ce premier vote n’a toutefois qu’une valeur indicative. Il sert principalement à mesurer la viabilité des candidatures avant une série de nouveaux scrutins qui se poursuivront dans les prochains mois.
Le choix final dépendra du Conseil de sécurité, où un candidat devra obtenir le soutien d’au moins neuf membres tout en évitant le veto de l’un des cinq membres permanents : les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni.
À partir des prochains tours, les bulletins des membres permanents seront différenciés afin de détecter d’éventuels vetos, sans toutefois révéler publiquement quel pays s’y oppose.
Une femme et une candidate latino-américaine de plus en plus attendues
La succession d’Antonio Guterres intervient dans un contexte où de nombreux États plaident pour une double évolution historique : confier, pour la première fois, la direction de l’ONU à une femme et respecter le principe de rotation géographique en choisissant un candidat issu d’Amérique latine ou des Caraïbes.
Dans ce contexte, les candidatures de Rebeca Grynspan et de Carolyn Rodrigues-Birkett apparaissent particulièrement solides. Pour le Guyana, voir l’une de ses diplomates accéder à la plus haute fonction des Nations unies constituerait un succès diplomatique majeur et une reconnaissance du rôle croissant que joue ce petit État sud-américain sur la scène internationale.
Si aucun favori ne se dégage encore définitivement, la Guyanienne figure désormais parmi les personnalités les mieux placées pour entrer dans l’histoire des Nations unies.



