Le président de la région Guadeloupe, Ary Chalus, a été condamné mercredi 30 septembre par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics. La peine d’inéligibilité n’est toutefois pas assortie de l’exécution provisoire. En cas d’appel, Ary Chalus pourra donc conserver son mandat jusqu’à ce qu’une décision définitive intervienne. Son avocat, Samuel Sauphanor, a indiqué qu’un recours était très probable.

Le dossier porte notamment sur l’utilisation de frais liés à son ancien mandat de député. Les juges ont considéré que certaines dépenses avaient été réglées à tort à partir de l’enveloppe parlementaire qui lui était attribuée, parmi lesquelles des achats personnels et des frais vétérinaires. Ils ont également retenu que certaines factures déjà prises en charge par l’Assemblée nationale avaient ensuite été remboursées une seconde fois par la commune de Baie-Mahault, dont Ary Chalus a été maire.

L’emploi de sa fille également au cœur du dossier

La justice a par ailleurs considéré que l’emploi de sa fille comme assistante parlementaire avait été partiellement fictif. Celle-ci a été condamnée à six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Ary Chalus avait, de son côté, déjà remboursé près de 60 000 euros avant le jugement, un élément pris en compte par le tribunal au moment de déterminer la peine.

Le Parquet national financier avait requis en juin une sanction plus sévère sur un point déterminant : il demandait que les cinq années d’inéligibilité soient assorties de l’exécution provisoire, ce qui aurait entraîné la perte immédiate de ses fonctions régionales. Le tribunal n’a pas suivi cette demande. Tant que les voies de recours ne sont pas épuisées, la condamnation ne peut donc pas être présentée comme définitive.

Une nouvelle affaire judiciaire pour le président de région

Cette décision intervient alors qu’Ary Chalus avait déjà été condamné en appel en mai 2025 dans une autre affaire, liée au financement de sa campagne des élections régionales de 2015. La cour d’appel de Basse-Terre l’avait alors reconnu coupable d’abus de confiance et de dépassement du plafond des dépenses électorales, avec notamment une peine de deux ans d’inéligibilité.

La nouvelle condamnation fragilise encore davantage la situation politique du président de région, dont le mandat régional constitue désormais sa principale fonction élective. L’éventualité d’un appel sera donc décisive : sans recours, la peine d’inéligibilité deviendrait applicable et l’obligerait à quitter la présidence du conseil régional. Avec un appel, la procédure pourrait au contraire se prolonger et lui permettre de rester en fonction dans l’attente d’une nouvelle décision judiciaire.

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