Guadeloupe : Chalus et Losbar réclament un rendez-vous d’urgence au préfet pour rétablir l’ordre

Alors que les blocages routiers et les violences paralysent l’archipel depuis le 14 octobre, les présidents de la Région et du Département ont adressé un courrier commun au préfet Thierry Devimeux pour obtenir une réunion dès ce jeudi 22 octobre. Pillages, affrontements, jets d’acide : le bilan sécuritaire s’alourdit, et les dégâts économiques s’accumulent.
Une semaine après le début des perturbations, la Guadeloupe peine à retrouver un fonctionnement normal. Depuis le 14 octobre, des barrages érigés à Jarry, au Gosier, aux Abymes et à Basse-Terre bloquent la circulation sur plusieurs axes stratégiques de l’archipel. Le week-end dernier a été marqué par des pillages et des dégradations de commerces, notamment à Pointe-à-Pitre, ainsi que par des affrontements avec les forces de l’ordre ayant occasionné des blessés parmi les policiers.
Face à cette situation, Ary Chalus, président du Conseil régional, et Guy Losbar, président du Conseil départemental, ont adressé mardi 20 octobre un courrier commun au préfet Thierry Devimeux. Ils sollicitent un rendez-vous en urgence fixé au jeudi 22 octobre à 14 heures, en présence des présidents des intercommunalités, des parlementaires et du président de l’Association des maires de Guadeloupe.
Dans ce courrier, les deux élus condamnent sans ambiguïté les violences constatées depuis le début du mouvement, citant notamment les jets d’acide, la présence de nombreux mineurs dans les cortèges et les blessures infligées aux forces de l’ordre. Ils appellent l’État à garantir la sécurité des personnes et des biens, condition indispensable à tout retour à la normale.
Les deux présidents souhaitent également que cette rencontre permette d’aborder les difficultés économiques et sociales de l’archipel, parmi lesquelles le prix des carburants, les problèmes d’accès à l’eau potable et les contraintes pesant sur les entreprises guadeloupéennes. Pour les acteurs économiques de Jarry, zone névralgique du commerce et de la logistique, chaque jour de blocage représente des pertes considérables et une désorganisation durable des chaînes d’approvisionnement.
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de celle des quatre députés de Guadeloupe, Christian Baptiste, Élie Califer, Max Mathiasin et Olivier Serva, qui avaient sollicité dès le 2 octobre un rendez-vous auprès du préfet. Dans un communiqué du 19 octobre, ils ont également appelé à l’ouverture d’un dialogue avec le collectif « Nou Las Palé », à l’origine des blocages. Le préfet Devimeux avait toutefois indiqué le 14 octobre qu’il ne souhaitait pas recevoir ce collectif, estimant qu’il n’était pas représentatif.
La question de savoir si Thierry Devimeux acceptera de réunir l’ensemble des acteurs institutionnels ce jeudi reste ouverte. Une réponse rapide du représentant de l’État conditionne en grande partie la capacité des élus locaux à peser sur le retour au calme et à la reprise d’une activité économique aujourd’hui sévèrement affectée.


