Séparant la Basse-Terre et la Grande-Terre, la Rivière Salée n’est pas une rivière comme les autres. Ce bras de mer long de 7,5 kilomètres, baptisé Aboukétoutou par les Amérindiens, façonne l’identité géographique de l’archipel et lui donne sa célèbre silhouette en papillon. Un site stratégique et emblématique, aujourd’hui au cœur des enjeux environnementaux.
Un équilibre écologique à préserver
Longtemps franchie par une simple embarcation appelée Gabarre, la Rivière Salée est désormais reliée par deux ponts, facilitant les échanges entre les deux parties de l’île. Mais au-delà de son rôle de passage, ce détroit constitue un écosystème d’une richesse exceptionnelle.
Entourée d’une vaste mangrove, elle joue un rôle essentiel dans la régulation du climat en absorbant le carbone. Ce milieu naturel abrite également une biodiversité remarquable, servant de refuge à de nombreuses espèces d’oiseaux marins et de nurserie pour les poissons qui peuplent ensuite les eaux côtières.
Cette barrière naturelle protège aussi le littoral face aux phénomènes climatiques de plus en plus violents, confirmant son importance stratégique pour la population.
Mais ce patrimoine est fragilisé. La mangrove est régulièrement utilisée comme décharge sauvage par des individus peu scrupuleux. Face à ces atteintes, des acteurs du tourisme et des habitants se mobilisent, organisant des opérations de nettoyage pour préserver ce site unique.
Entre richesse écologique et pressions humaines, la Rivière Salée rappelle une évidence : protéger les Outre-mer, c’est aussi défendre des territoires français d’exception.



