Au Lamentin, en Basse-Terre, deux agriculteurs misent sur une production exigeante et à forte valeur ajoutée. Leur pari : un curcuma bio cultivé et transformé localement, aujourd’hui reconnu jusqu’aux tables gastronomiques.

Une production artisanale tournée vers la qualité

Introduit en Guadeloupe au XIXe siècle, le curcuma a trouvé dans les sols volcaniques de l’île un terrain favorable. Didier Boismoreau et Didier Clavier en ont fait leur spécialité, avec une orientation claire vers l’agriculture biologique.

Ce choix impose des contraintes fortes. Sans herbicides, l’entretien des parcelles repose entièrement sur le travail manuel. Une exigence quotidienne qui conditionne la qualité du produit final.

La transformation, réalisée à Petit-Bourg, suit un processus rigoureux : tri, lavage, séchage puis broyage des rhizomes. Une étape clé, appelée ébouriffage, permet d’assurer un séchage homogène et de préserver les qualités visuelles et aromatiques du curcuma.

Grâce à cette exigence, le produit a su s’imposer. Une grande partie de la production est exportée vers l’Hexagone, où elle séduit des chefs et des professionnels de l’épicerie fine.

Apprécié pour sa complexité aromatique et sa qualité, ce curcuma incarne le potentiel des filières agricoles ultramarines lorsqu’elles misent sur le haut de gamme et le respect du terroir.

Mais derrière cette réussite, les obstacles restent bien réels. Le principal frein est foncier : les producteurs ne sont que locataires de leurs terres, appartenant en grande partie au Conseil départemental.

Une situation qui fragilise les investissements à long terme et pose une question centrale pour le développement agricole en Guadeloupe : sans sécurisation du foncier, même les filières d’excellence restent sous tension.

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