Guyane : la sécheresse historique menace l’approvisionnement de Grand-Santi

Le fleuve Lawa atteint des niveaux alarmants en ce début octobre, compromettant la circulation des pirogues et les livraisons de marchandises vers Grand-Santi. La Préfecture prépare le déclenchement du plan Orsec pour faire face à la crise.
Depuis les airs, le constat est saisissant. À bord de l’avion assurant la liaison entre Cayenne, Maripasoula et Grand-Santi, le Lawa révèle déjà ses blessures : saillies rocheuses affleurantes, bancs de sable envahissants, et un niveau d’eau préoccupant alors que le mois d’octobre débute à peine. La Guyane traverse une sécheresse d’une ampleur historique, et les communes de l’intérieur en paient le prix le plus lourd.
Grand-Santi se trouve en première ligne. La commune, dont l’accès repose quasi exclusivement sur les voies fluviales, voit ses conditions d’approvisionnement se dégrader à mesure que le fleuve se retire. Eau potable, denrées alimentaires, carburant : la rupture des livraisons n’est plus une hypothèse, mais une perspective imminente à laquelle les habitants doivent se préparer.
Face à cette situation, la Préfecture de Guyane prépare le déclenchement du plan Orsec, dispositif de réponse aux situations de crise majeure. Son activation, attendue prochainement, devrait permettre de coordonner les secours et d’organiser des solutions alternatives d’acheminement des biens essentiels vers les populations enclavées.
La sécheresse qui frappe la Guyane illustre la vulnérabilité structurelle des territoires de l’intérieur, dont l’économie et la vie quotidienne dépendent étroitement des conditions naturelles. Pour les acteurs économiques locaux comme pour les habitants, chaque pirogue qui passe pourrait bien être l’une des dernières avant que le fleuve ne devienne totalement impraticable.


