Le Lamentin investit 5,2 millions d’euros pour moderniser son cimetière

Face à la saturation de son unique cimetière et au vieillissement de sa population, la commune martiniquaise du Lamentin a engagé un vaste chantier d’extension et de modernisation. La livraison est attendue au premier trimestre 2027.
Quarante mille habitants, une seule nécropole et plus aucun caveau disponible : la situation du Lamentin illustre un défi auquel de nombreuses communes ultramarines sont confrontées. Pour y répondre, la Ville a lancé un projet d’envergure, chiffré à 5,2 millions d’euros, destiné à étendre et moderniser son cimetière municipal.
Les travaux ont débuté le 12 juillet 2024. « Nous sommes très conscients de ce manque de place et des besoins. C’est un gros projet pour la Ville et pour les Lamentinois. Il y a une forte attente de nos administrés », explique Monique Craspag, conseillère municipale en charge de l’état civil et des cimetières. La livraison est prévue au cours du premier trimestre 2027.
À terme, le cimetière atteindra une superficie totale de deux hectares. L’aménagement prévu comprend un espace paysager, un éclairage alimenté à l’énergie solaire, plus de 200 places en columbariums, autant en enfeus, ainsi qu’un puits d’aspiration permettant aux familles de verser les cendres de leurs proches après crémation et de se recueillir dans un cadre dédié.
Pour optimiser l’espace disponible dès aujourd’hui, la commune s’appuie sur plusieurs dispositifs. Les terrains communs gratuits permettent une mise en terre pour une durée minimale de cinq ans, à l’issue de laquelle les familles sont invitées à choisir entre le placement des ossements dans un ossuaire nominatif, leur transfert dans un caveau ou la crémation. L’enfeu, logement vertical pour cercueils, constitue une autre solution : proposé au tarif de 763 euros pour six ans, il permet de densifier l’occupation du site tout en respectant la dignité des défunts.
« Il y aura aussi quelques caveaux car il existe toujours une demande pour les caveaux. Mais on essaie de privilégier les enfeus et les columbariums », précise Monique Craspag. Une orientation qui correspond à l’évolution des pratiques funéraires observée par les agents municipaux. « Les jeunes sont plus à l’aise avec la question de la crémation. On voit bien que c’est une nouvelle tendance », note Mylène Renia, directrice stratégie appui développement pour la Ville du Lamentin.
Ce chantier témoigne de la capacité des collectivités ultramarines à anticiper les mutations démographiques et à investir dans des infrastructures de service public adaptées aux besoins de leurs administrés.

