À Madagascar, les forces de l’ordre multiplient les interventions pour empêcher des lynchages visant des personnes soupçonnées d’enlèvements d’enfants. Dans un contexte marqué par une hausse des disparitions et des meurtres de mineurs, plusieurs suspects ont échappé de justesse à la vindicte populaire ces derniers jours, tandis que les autorités poursuivent leurs enquêtes.
Selon le président de la République, Michaël Randrianirina, au moins 90 plaintes pour enlèvements ont été enregistrées depuis la fin du mois de juin, faisant état de 43 morts et 47 disparus. Cette situation a ravivé les inquiétudes de la population, conduisant à plusieurs scènes de violences contre des personnes accusées d’être impliquées dans ces affaires. À Antananarivo, des suspects ont été pris à partie par des foules avant d’être secourus par les policiers ou les militaires. Dans plusieurs dossiers, les enquêtes se poursuivent afin d’établir les responsabilités de chacun.
Cette succession d’incidents remet en lumière la pratique de la vindicte populaire, encore présente dans certaines régions du pays. Héritée d’une tradition de justice expéditive, elle consiste à infliger une sanction immédiate à des personnes considérées comme coupables, sans décision de justice. Les autorités rappellent que ces actes constituent des infractions pénales et appellent la population à laisser les enquêtes suivre leur cours.
Malgré les interventions des forces de sécurité, plusieurs drames ont été recensés ces derniers jours. À Maintirano, un homme soupçonné du meurtre d’une gérante de point de retrait d’argent a été brûlé vif par une foule en colère. La justice a ouvert une enquête afin d’identifier les auteurs de ce lynchage, tandis que les autorités poursuivent leurs opérations pour lutter contre les enlèvements d’enfants et prévenir de nouveaux actes de justice populaire.



