Martinique : sans bus scolaire, des lycéens du Carbet se réveillent à 4 heures du matin

Au lycée Joseph-Gaillard, la reprise des cours après les vacances tourne au casse-tête pour plusieurs familles. Un litige social sur le paiement des chauffeurs a entraîné l’arrêt de 30 % des services de transport scolaire, contraignant certains élèves à des solutions de fortune et à des journées épuisantes.
Il n’était pas encore 6 heures ce mardi matin devant le lycée Joseph-Gaillard, et deux sœurs jumelles venues du Carbet patientaient déjà depuis près de quarante minutes. Prévenues seulement la veille de l’absence de leur bus scolaire, elles avaient dû s’organiser dans l’urgence : réveil à 4 heures, départ du Carbet à 4h50, leur père les déposant avant de rejoindre son propre travail. « On a dû se débrouiller comme on pouvait pour arriver ce matin au lycée », résume l’une d’elles.
La situation est directement liée à un conflit social chez Martinique Transport : un litige portant sur le paiement des salaires de certains chauffeurs a conduit l’opérateur à suspendre 30 % de ses services de transport scolaire à compter du 3 novembre. Des centaines d’élèves se retrouvent ainsi sans solution de transport, leurs familles contraintes de pallier dans l’urgence une défaillance qui ne leur incombe pas.
Les conséquences dépassent le seul trajet du matin. L’une des deux lycéennes termine ses cours à 17 heures, tandis que son père finit sa journée de travail à 14h30. Sans bus pour assurer le retour vers le Carbet, il devra patienter plusieurs heures sur place. « Tous les jours, mon père va devoir assurer notre arrivée au lycée. On va devoir se réveiller à 4 heures tous les jours », explique l’une des élèves. À la fatigue scolaire s’ajoutent ainsi les heures d’attente, les levers à l’aube et l’incertitude sur les possibilités de retour.
Les élèves déplorent également d’avoir été informés au dernier moment. « Je trouve que c’est une situation assez grave parce qu’en plus, on est prévenus au dernier moment. Ça nous bloque », témoigne l’une des jumelles. Pour les familles ne disposant pas d’une solution de substitution, l’absence de transport peut tout simplement rendre l’accès à l’établissement impossible.
La reprise est d’autant plus délicate que la scolarité de ces lycéens avait déjà été perturbée avant les vacances par des mobilisations d’élèves dans plusieurs établissements. Après des journées de cours perdues, la rentrée de novembre devait permettre de retrouver un rythme normal. Le blocage des transports scolaires vient compromettre cet objectif et risque de provoquer de nouvelles heures d’enseignement manquées pour les élèves qui ne parviennent pas à rejoindre leur lycée. « Le réveil était dur, surtout qu’on sort de vacances. C’est un petit peu compliqué de reprendre la routine », reconnaît l’une des deux sœurs, qui, malgré tout, était bien présente ce matin pour suivre ses cours.


