Le contentieux entre la France et le Vanuatu autour des îlots Matthew et Hunter connaît une nouvelle poussée de tension. Port-Vila a saisi en septembre la Cour internationale de justice pour faire reconnaître sa souveraineté sur ces deux territoires et obtenir une délimitation maritime avec la Nouvelle-Calédonie. Paris maintient de son côté que Matthew et Hunter sont français.

Le différend est ancien. Situés à l’est de la Nouvelle-Calédonie et au sud du Vanuatu, les deux îlots sont revendiqués par les deux pays depuis plusieurs décennies. Le gouvernement vanuatais les désigne sous les noms d’Umaenupne pour Matthew et Umaeneg/Leka pour Hunter, et affirme qu’ils sont historiquement liés aux populations des îles du sud du Vanuatu.

La France défend une lecture opposée. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a encore rappelé cet été la position du gouvernement français sur la souveraineté de Paris sur Matthew et Hunter, malgré les négociations engagées avec Port-Vila sur la frontière maritime.

Le Vanuatu saisit la Cour internationale de justice

Le 2 septembre 2026, le gouvernement vanuatais a officiellement annoncé l’ouverture d’une procédure contre la France devant la Cour internationale de justice. L’objectif est double : obtenir une décision sur la souveraineté des deux îlots et fixer définitivement la frontière maritime entre le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie.

Port-Vila estime que plusieurs années de discussions diplomatiques n’ont pas permis de régler le différend. Une première série de négociations formelles avait notamment eu lieu en novembre 2025 après des échanges entre Emmanuel Macron et le Premier ministre vanuatais Jotham Napat.

Le dossier a aussi une dimension stratégique. Derrière la possession de deux îlots inhabités se joue la délimitation d’importantes zones maritimes dans le Pacifique, avec des enjeux potentiels en matière de ressources, de pêche, de surveillance et de souveraineté.

Nicolas Metzdorf ravive la polémique

Ces derniers jours, la controverse a pris une dimension plus politique avec l’intervention de Nicolas Metzdorf. Le député calédonien a réagi aux revendications du Vanuatu dans un courrier au ton volontairement sarcastique adressé, selon lui, au Premier ministre Jotham Napat. Il y proposait ironiquement le transfert de plusieurs îles du Vanuatu sous administration française.

La réaction de Port-Vila a été immédiate. Le gouvernement vanuatais a affirmé ne jamais avoir reçu officiellement cette lettre par les canaux diplomatiques et a dénoncé son ton, tandis que le chef de l’opposition vanuataise l’a également vivement critiquée. Nicolas Metzdorf maintient pour sa part sa position sur la souveraineté française des deux îlots.

Le fond du dossier dépasse cependant largement cette polémique. Pour la France, céder sur Matthew et Hunter reviendrait à remettre en cause une partie de son espace maritime dans le Pacifique et de la souveraineté attachée à la Nouvelle-Calédonie. Pour le Vanuatu, la revendication est présentée comme l’achèvement d’un processus de souveraineté nationale commencé avec l’indépendance en 1980.

Le contentieux entre désormais dans une phase juridique internationale. La procédure devant la Cour internationale de justice pourrait durer plusieurs années et sa portée dépendra aussi de la position française sur la compétence de la Cour dans ce dossier.

En attendant, Paris comme Port-Vila restent campés sur leurs positions. Derrière deux minuscules îlots volcaniques se joue donc un affrontement diplomatique beaucoup plus large sur les frontières, les ressources maritimes et la place de la France dans le Pacifique.

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