La France et le Vanuatu doivent reprendre d’ici l’été à Paris leurs discussions sur les îles Matthew et Hunter, deux îlots stratégiques du Pacifique sud revendiqués par Port-Vila depuis plusieurs décennies. Malgré les tensions diplomatiques croissantes, le Quai d’Orsay affirme maintenir fermement la souveraineté française sur ces territoires rattachés à la Nouvelle-Calédonie.

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé jeudi la tenue prochaine d’une nouvelle session de négociations consacrée notamment aux délimitations maritimes autour de ces deux îles inhabitées situées entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.

Matthew et Hunter représentent moins d’un kilomètre carré de terres émergées, mais leur importance géopolitique est considérable. Grâce à ces îlots, la France dispose dans cette zone d’une vaste zone économique exclusive estimée à près de 350 000 kilomètres carrés, renforçant sa présence stratégique dans le Pacifique.

Une souveraineté française contestée depuis l’indépendance du Vanuatu

Le Vanuatu revendique Matthew et Hunter depuis son indépendance en 1980. Les autorités vanuataises considèrent ces îles comme historiquement liées à certaines communautés coutumières locales et accusent régulièrement Paris de maintenir une logique coloniale dans le Pacifique.

Le Premier ministre vanuatais Jotham Napat a récemment durci le ton en menaçant d’utiliser « toutes les voies diplomatiques et juridiques internationales » si les négociations engagées avec la France n’aboutissent pas. Des déclarations auxquelles le Quai d’Orsay n’a pas officiellement répondu, préférant insister sur la poursuite du dialogue.

À Paris, la ligne reste toutefois claire : aucune remise en cause de la souveraineté française n’est envisagée. Les autorités françaises se disent simplement ouvertes à des discussions sur les aspects culturels et coutumiers évoqués par le Vanuatu.

Le Pacifique devient un enjeu stratégique majeur pour la France

Ce dossier intervient dans un contexte de compétition géopolitique croissante dans le Pacifique, où la France cherche à consolider son influence face aux ambitions chinoises et aux tensions régionales. Grâce à ses territoires ultramarins, Paris possède la deuxième plus grande zone économique maritime du monde et entend préserver pleinement cette position stratégique.

En Nouvelle-Calédonie, ce dossier est également suivi avec attention alors que l’archipel traverse une période politique particulièrement sensible avant les élections provinciales du 28 juin. Les discussions autour des frontières maritimes et des souverainetés territoriales restent étroitement liées aux débats sur l’avenir institutionnel du territoire français du Pacifique.

Pour l’État français, la maîtrise de ces espaces maritimes constitue désormais un enjeu économique, militaire et diplomatique majeur. Dans ce contexte, beaucoup considèrent que Paris ne peut se permettre aucun signe de faiblesse sur les questions de souveraineté dans ses territoires ultramarins.

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