La commune de Chirongui, dans le sud de Mayotte, fait face à un foyer actif de paludisme qui inquiète les autorités sanitaires et les professionnels de santé. Entre le 27 avril et le 17 mai, 75 cas ont été recensés sur le territoire, dont une part importante dans cette commune où plusieurs contaminations semblent avoir été contractées localement.
Les élus réclament davantage de moyens face à l’urgence sanitaire
Au cours de la seule semaine du 11 au 17 mai, quatorze nouveaux cas ont été enregistrés à Mayotte, dont la moitié à Chirongui. Une situation jugée préoccupante par les médecins du secteur. Pour le docteur Jean-Marc Roussin, une telle poussée de paludisme n’avait plus été observée depuis près de vingt ans sur l’île.
Face à cette recrudescence, les agents municipaux ont lancé des opérations de nettoyage et de curage des cours d’eau afin de limiter les zones d’eau stagnante favorables à la prolifération des moustiques. Les autorités locales rappellent également l’importance des gestes de prévention autour des habitations.
La municipalité estime toutefois manquer de ressources pour contenir seule la propagation de la maladie. Les responsables communaux évoquent une situation financière difficile qui limite les capacités d’intervention de la collectivité dans ce contexte sanitaire tendu.
Les professionnels de santé appellent la population à une vigilance maximale, notamment en cas de fièvre. Ils recommandent également de supprimer tous les contenants pouvant accumuler de l’eau stagnante et de se protéger des piqûres de moustiques, particulièrement actifs durant la nuit.
Cette résurgence du paludisme rappelle les fragilités sanitaires persistantes auxquelles Mayotte reste confrontée. Dans ce département français de l’océan Indien, les défis liés à la santé publique, aux infrastructures et à l’environnement continuent de nécessiter une mobilisation forte des autorités locales et de l’État.



