Le Sénat a adopté mardi une proposition de loi portée par Bruno Retailleau visant à lutter contre “l’entrisme islamique”. Un texte vivement critiqué par le sénateur mahorais Saïd Omar Oili, qui estime qu’il stigmatise les musulmans et remet en cause les principes de tolérance de la République.
Lors des débats au Sénat, l’élu de Mayotte s’est exprimé en tant que “sénateur de confession musulmane”, affirmant se sentir “agressé” par cette proposition de loi. Il a dénoncé un texte qui, selon lui, cible spécifiquement une communauté religieuse et contribue à renforcer un climat de défiance envers les musulmans.
Le sénateur prend l’exemple de Mayotte
Saïd Omar Oili a évoqué la situation de Mayotte pour illustrer son propos, soulignant la coexistence pacifique entre les différentes religions sur l’île malgré la forte présence de mosquées. Il a reproché à Bruno Retailleau de promouvoir un texte susceptible d’alimenter les tensions et le sentiment anti-musulman.
La proposition de loi prévoit notamment la création d’un délit lié à la contestation des lois de la République lorsqu’elle porterait atteinte à la cohésion nationale, ainsi qu’un renforcement des possibilités de dissolution d’associations et des pouvoirs de contrôle des préfets.
Malgré l’opposition de la gauche et de plusieurs élus ultramarins, le texte a été adopté par 208 voix contre 124. Il doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale avant l’arrivée d’un projet de loi gouvernemental sur le même sujet.



