Nouvelle présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Virginie Ruffenach entend faire du dialogue entre les différents groupes politiques l’une des priorités de son mandat. Dans une institution sans majorité absolue, elle souhaite dépasser certains clivages pour avancer sur les dossiers économiques et sociaux jugés urgents.

Élue à la tête du Congrès grâce à l’accord conclu entre le Rassemblement, Les Loyalistes et l’Éveil océanien, Virginie Ruffenach prend les commandes d’une institution particulièrement fragmentée. Les 54 élus se répartissent entre 26 indépendantistes, 24 non-indépendantistes et quatre représentants de l’Éveil océanien.

Dans cette configuration, aucun camp ne dispose seul de la majorité. La nouvelle présidente estime donc nécessaire de multiplier les échanges entre les différentes formations.

Le dialogue comme méthode de travail

Virginie Ruffenach souhaite notamment renforcer les discussions en amont des séances publiques. L’objectif est de permettre aux groupes politiques de confronter leurs positions avant l’examen des textes et, lorsque cela est possible, de parvenir à des compromis.

Pour la présidente du Congrès, les divergences sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie ne doivent pas empêcher les élus de travailler ensemble sur les autres dossiers.

Elle défend ainsi une forme d’« alliance de responsabilité », estimant que les Calédoniens n’attendent pas nécessairement de leurs représentants qu’ils partagent les mêmes positions sur tous les sujets, mais qu’ils soient capables de trouver des solutions sur les questions essentielles.

Une majorité construite avec l’Éveil océanien

Cette méthode devra notamment permettre de faire fonctionner l’accord de gouvernance conclu entre le Rassemblement, Les Loyalistes et l’Éveil océanien.

Une alliance qui rassemble pourtant des formations aux orientations différentes. Virginie Ruffenach reconnaît notamment que l’Éveil océanien défend une approche davantage tournée vers les politiques sociales, tandis que son camp souhaite placer l’emploi et la relance économique au centre de son action.

Pour la responsable du Rassemblement, la réduction des inégalités doit ainsi passer en priorité par l’accès à l’emploi et la remise en marche de l’économie calédonienne. Elle estime qu’un système social solide dépend également de la capacité des entreprises à maintenir leur activité et leurs salariés.

Retraites et économie parmi les premières urgences

Plusieurs dossiers devraient rapidement arriver sur la table du nouveau Congrès. Virginie Ruffenach cite notamment la situation des comptes sociaux et des régimes de retraite, aussi bien dans le privé que dans le secteur public.

La relance économique constitue l’autre grande priorité affichée. Dans une Nouvelle-Calédonie encore fragilisée économiquement, la présidente du Congrès souhaite redonner de la confiance aux entreprises et favoriser le maintien de l’emploi.

La sauvegarde de la filière nickel figure également parmi les dossiers majeurs de cette nouvelle mandature.

Un nouveau gouvernement attendu

La recomposition institutionnelle doit désormais se poursuivre avec l’élection du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Avant cette étape, le Congrès doit notamment déterminer le nombre de membres du futur exécutif et examiner le compte administratif de la collectivité. Virginie Ruffenach avait indiqué que l’élection du gouvernement devait intervenir le 31 juillet, avec l’objectif d’avoir un exécutif pleinement opérationnel à la mi-août.

Dans une assemblée où les rapports de force restent particulièrement serrés, la capacité de la nouvelle présidente à instaurer un dialogue durable entre indépendantistes, non-indépendantistes et Éveil océanien constituera l’un des premiers tests de cette nouvelle mandature.

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