Trois députés ultramarins ont adressé une lettre à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de nouvelles ingérences de l’Azerbaïdjan dans les affaires françaises. Les élus estiment que les déclarations du président Ilham Aliyev constituent une atteinte à l’intégrité de la République et appellent l’État à adopter une réponse plus ferme.

Dans ce courrier daté du 20 juillet, Nicolas Metzdorf, Moerani Frébault et Nicole Sanquer dénoncent des « déstabilisations et des ingérences à répétition » qu’ils jugent inacceptables. Ils demandent que ces actions ne se limitent plus à de simples condamnations et réclament des mesures concrètes face à ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de la souveraineté française.

Des déclarations qui ravivent les tensions

Les parlementaires réagissent aux propos tenus le 13 juillet par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev lors du Forum mondial des médias de Choucha. Celui-ci avait déclaré souhaiter la « liberté » de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française, de la Martinique et de Saint-Martin, tout en affirmant ne pas vouloir s’immiscer dans les affaires intérieures de la France. Pour justifier sa position, il avait notamment évoqué les essais nucléaires menés en Polynésie française entre 1960 et 1996 ainsi que l’arrestation de participants à des événements organisés par le Groupe d’initiative de Bakou.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de relations déjà très dégradées entre Paris et Bakou. En janvier 2025, l’ancien ministre des Outre-mer Manuel Valls avait déjà dénoncé un « comportement inacceptable » du régime azerbaïdjanais. Si la France avait alors renforcé ses dispositifs de surveillance et de prévention face aux risques d’ingérence, aucune sanction diplomatique ou économique majeure n’avait été prise. Les tensions restent alimentées par les accusations d’implication du pouvoir azerbaïdjanais dans les émeutes survenues en Nouvelle-Calédonie en 2024, sur fond de relations bilatérales détériorées depuis le soutien affiché de la France à l’Arménie dans le conflit du Haut-Karabakh.

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