Planch’Alizé : 50 emplois menacés par un bras de fer avec l’État à La Réunion

Le restaurant de plage Planch’Alizé, installé à La Saline, poursuit son activité malgré une mise en demeure préfectorale. Cinquante emplois sont en jeu alors que la DEAL doit constater la situation ce lundi 2 novembre.
Le soleil brille sur La Saline, les clients s’attablent, les commandes s’enchaînent. Pourtant, derrière cette apparente normalité, le restaurant Planch’Alizé se trouve au cœur d’un contentieux administratif qui pourrait coûter leur emploi à une cinquantaine de salariés. Ce dimanche 1er novembre, l’établissement a maintenu son activité malgré l’expiration du délai accordé par la préfecture pour libérer les lieux.
Le dossier remonte à 2018 : depuis cette date, le restaurant occupe le domaine public maritime sans autorisation d’occupation temporaire (AOT) valide. La situation s’est encore compliquée avec l’extension de la surface exploitée, passée de 700 à 1 600 mètres carrés sans validation administrative. L’établissement se trouve de surcroît en zone rouge au regard du plan de prévention des risques littoraux, ce qui rend toute régularisation particulièrement délicate.
En avril 2025, la préfecture avait accordé six mois aux gérants pour organiser leur départ. Un délai que le préfet Patrice Latron entend bien faire respecter : « Ce que je dis, je le ferai. J’ai laissé six mois aux responsables et on arrive au terme. Donc, rendez-vous lundi. » Ce lundi 2 novembre, les agents de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) doivent effectuer un constat sur place. En cas de non-exécution de la décision, les gérants s’exposent à une amende de 12 000 euros ainsi qu’à une astreinte financière journalière.
Face à cette échéance, la direction de Planch’Alizé n’est pas restée sans réagir. Le 5 octobre, elle a déposé auprès de la mairie de Saint-Paul un dossier de manifestation d’intérêt spontané (MIS), proposant l’implantation d’un nouveau restaurant qui n’empiéterait plus sur le domaine public maritime. La municipalité a accusé réception du dossier le 14 octobre, et la Région Réunion, compétente en matière de tourisme, a également été informée de la démarche. Cette piste, si elle témoigne d’une volonté de trouver une solution pérenne, ne suspend toutefois pas la décision préfectorale.
La commune de Saint-Paul a d’ores et déjà un projet pour le site : une rondavelle baptisée « Les Mouettes », présentée comme mieux adaptée aux contraintes du plan de prévention des risques littoraux. Une perspective qui laisse peu de place à un maintien de l’activité dans sa forme actuelle.
L’enjeu économique reste pourtant considérable. Cinquante emplois directs dépendent de l’établissement, dans un secteur touristique où chaque poste compte pour l’économie locale de l’Ouest réunionnais. La résolution rapide de ce dossier, quelle qu’en soit l’issue, conditionne la capacité des salariés concernés à se repositionner sur le marché du travail.


