La multiplication des accidents du travail dans le secteur du bâtiment et des travaux publics en Polynésie française inquiète les autorités et les professionnels. Depuis le début de l’année, cinq personnes ont perdu la vie sur des chantiers, dont deux en moins d’un mois. Le dernier drame, survenu à Punaauia, relance le débat sur le respect des règles de sécurité et la prévention des risques dans un secteur en pleine expansion.
Deux accidents mortels en moins d’un mois
Le 5 août, un homme de 70 ans a trouvé la mort lorsqu’un camion s’est renversé sur le chantier de la résidence Noaatu à Punaauia. Deux autres personnes ont été blessées dans l’accident.
Pour les représentants syndicaux, ces drames ne sont pas une fatalité. Ils rappellent que les employeurs ont l’obligation légale de garantir la sécurité de leurs salariés en contrôlant régulièrement les équipements, les engins et les infrastructures utilisées sur les chantiers.
Les inspecteurs du travail interviennent après chaque accident grave afin d’en déterminer les causes et d’identifier d’éventuels manquements au Code du travail. Les autorités annoncent désormais un renforcement des contrôles et des actions de sensibilisation auprès des entreprises du secteur.
Des responsabilités civiles et pénales
En cas d’accident du travail, un employeur peut voir sa responsabilité engagée, aussi bien sur le plan civil que pénal si des manquements aux obligations de sécurité sont constatés.
La Caisse de prévoyance sociale (CPS) prévoit d’intensifier ses inspections au cours du second semestre 2026. Elle rappelle également que des dispositifs d’accompagnement existent pour aider les entreprises à améliorer leurs mesures de prévention.
Selon les responsables de la prévention des risques, les cinq accidents mortels enregistrés depuis janvier sont principalement liés à deux chutes de hauteur et trois accidents impliquant des engins de chantier. Les employeurs sont notamment appelés à effectuer les vérifications périodiques obligatoires des machines et à s’assurer que les conducteurs disposent des autorisations nécessaires.
Des chiffres toujours élevés
Les statistiques confirment que le BTP demeure le secteur le plus exposé aux risques professionnels en Polynésie française. En 2025, 2 938 sinistres ont été recensés, dont 2 305 accidents du travail, 637 accidents de trajet et six maladies professionnelles.
Le territoire compte environ 76 000 salariés répartis dans près de 8 000 entreprises. Si les autorités observent une légère baisse récente des accidents dans le bâtiment, elles estiment que les efforts doivent être poursuivis. L’objectif est de renforcer la culture de la prévention afin de réduire durablement le nombre d’accidents graves et mortels sur les chantiers.


