L’Assemblée de la Polynésie française doit prochainement examiner le troisième collectif budgétaire de l’année lors d’une session extraordinaire. Passé de 32 milliards de francs CFP en juin à 34 milliards en août, le texte prévoit plusieurs dépenses urgentes, mais les élus réclament des explications sur leur financement et leur efficacité.

Avant son examen en séance plénière, le projet doit être étudié par la commission de l’économie, des finances et du budget. Les discussions pourraient être longues en raison des nombreuses interrogations laissées sans réponse.

Le groupe Tavini Huiraatira, qui dirige la Polynésie française, assure que le texte sera adopté. Son contenu pourrait cependant être modifié par plusieurs amendements portant notamment sur le logement étudiant et les associations chargées du logement social.

Air Tahiti Nui et les Jeux du Pacifique interrogent

Le collectif prévoit 300 millions de francs CFP supplémentaires pour préparer les Jeux du Pacifique de 2027. Cette somme doit notamment servir à terminer les logements destinés aux sportifs dans les internats des lycées Diadème et Paul-Gauguin.

Le président du groupe Tapura Huiraatira, Édouard Fritch, demande comment les travaux pourront être réalisés alors que ces internats sont occupés par des élèves. Les équipements doivent être livrés en juin, mais aucun calendrier précis n’aurait été présenté aux représentants.

Le prêt de 8,5 milliards de francs CFP accordé à Air Tahiti Nui constitue un autre point de tension. L’argent doit notamment permettre de rénover deux avions exploités en location.

Les élus réclament des données financières permettant de démontrer la rentabilité de l’opération. L’augmentation de huit sièges en classe affaires est présentée comme un moyen d’améliorer le chiffre d’affaires de la compagnie, mais les projections économiques détaillées n’ont pas encore convaincu tous les représentants.

Des urgences qui ne dispensent pas de contrôle

Le projet prévoit également la suppression de 500 millions de francs CFP initialement destinés aux aides à l’emploi. Cette opération comptable suscite des inquiétudes alors que le territoire doit soutenir l’activité et favoriser le retour durable au travail.

Le président de la commission du budget, Heinui Le Caill, affirme néanmoins que le collectif sera voté en raison du nombre d’urgences à financer. Il annonce que des amendements seront probablement déposés lors de la séance plénière.

La réparation du câble de secours Manatua semble recueillir un soutien plus large. Cette infrastructure est indispensable à la continuité des communications numériques et à la sécurité économique de la Polynésie française.

Les représentants s’interrogent également sur la capacité du territoire à répondre à un cyclone ou à une nouvelle hausse du prix des hydrocarbures. Ces risques imposent de conserver des marges financières suffisantes.

L’urgence ne saurait justifier l’adoption de dépenses mal documentées. La majorité autonomiste doit fournir des chiffres précis, des calendriers réalistes et des garanties sur l’utilisation de l’argent public. La Polynésie a besoin d’investissements solides, pas d’un budget adopté dans la précipitation sous la pression du Tavini indépendantiste.

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