Le port de Longoni changera de gestionnaire le 1er septembre. Après la résiliation de la délégation accordée à Mayotte Channel Gateway, le nouvel Établissement public du port de commerce de Mayotte devra assurer la continuité des activités en attendant la création du futur Grand Port maritime. Plusieurs désaccords persistent toutefois sur les salariés, les contrats et la propriété des équipements.
Créé par le Département-Région, le nouvel établissement public industriel et commercial a adopté son budget pour la période allant du 1er septembre au 31 décembre. Une enveloppe d’amorçage de 4 millions d’euros a été prévue pour permettre son démarrage.
Le conseil de direction a également validé une nouvelle grille tarifaire. Les premiers montants présentés à la fin du mois de juillet avaient suscité des réserves du conseil portuaire. Ils ont depuis été revus globalement à la baisse afin de se rapprocher des prix actuellement appliqués.
Des tarifs déterminants pour l’économie mahoraise
La nouvelle grille concerne notamment la manutention, le stockage, les conteneurs frigorifiques, la sûreté et l’occupation du domaine portuaire. Certaines prestations pourraient être facturées à un niveau inférieur aux tarifs actuels.
La présidente de l’établissement, Zamimou Moussa Ahamadi, rappelle toutefois que les prix étaient inchangés depuis 2015. Depuis cette date, le cyclone Chido et la hausse générale du coût de la vie ont alourdi les charges.
Le nouvel opérateur devra donc trouver un équilibre entre la compétitivité du port et le financement des investissements indispensables. À Mayotte, où une part importante des marchandises arrive par voie maritime, toute augmentation excessive peut se répercuter directement sur les entreprises et les consommateurs.
La priorité reste d’éviter la moindre interruption des entrées et sorties de marchandises. La continuité du port constitue une exigence stratégique pour l’approvisionnement, l’emploi et le développement économique du département.
Grues, contrats et salariés encore en négociation
Les discussions se poursuivent avec Mayotte Channel Gateway sur la reprise des personnels, le transfert des contrats et la récupération du matériel. Un expert judiciaire intervient afin d’éclaircir les différents points de désaccord.
La justice avait ordonné en juin à MCG de transmettre au Département les documents nécessaires à la transition. Ceux-ci concernent notamment les salariés, les contrats, trois grues et sept portiques de manutention RTG.
Le Département considère que les grues sont des biens publics en vertu de la délégation de service public. MCG revendique une lecture différente et estime que ces équipements lui appartiennent. Des divergences existent également au sujet des portiques.
Le 2 juin, la cour administrative d’appel de Bordeaux avait confirmé la résiliation anticipée de la délégation. Les juges avaient estimé que les manquements constatés étaient suffisamment graves et persistants pour rendre la poursuite du contrat contraire à l’intérêt général.
Le retour à une gestion publique transitoire doit désormais être conduit avec fermeté, transparence et pragmatisme. L’objectif ne doit pas être de substituer durablement l’administration à l’entreprise, mais de garantir l’ordre contractuel, de protéger les intérêts de Mayotte et de préparer un Grand Port maritime capable d’attirer les investissements.



