Une trentaine d’enseignants du lycée Lumina-Sophie ont interrompu leurs cours pendant une heure ce mardi matin, onze jours après la mort de leur collègue professeur d’histoire-géographie. Derrière la mobilisation, des questions restées sans réponse sur la gestion administrative du dossier et l’absence de l’autorité académique.
Le lycée Lumina-Sophie de Saint-Laurent-du-Maroni a connu une heure de perturbation ce mardi 22 septembre. Entre 7h30 et 8h30, une trentaine d’enseignants se sont rassemblés devant l’entrée de l’établissement, sans en bloquer l’accès, pour réclamer la venue du recteur de Guyane. Des cours n’ont pas été assurés durant ce laps de temps.
Le mouvement intervient onze jours après la découverte du corps d’un professeur d’histoire-géographie de 47 ans sur l’île des Lépreux, le 10 septembre dernier. Une enquête judiciaire est toujours en cours pour déterminer les causes exactes du décès. Au moment de sa mort, l’enseignant était visé par une plainte pour agression sexuelle présumée sur une élève mineure, sans qu’aucun lien de cause à effet avec son décès ne puisse être établi à ce stade.
Les enseignants mobilisés concentrent leurs critiques sur la réponse institutionnelle apportée après le drame. Une journée banalisée a été organisée lundi 21 septembre, soit dix jours après les faits, avec des groupes de parole et une formation à la gestion des émotions des élèves. Pour Benoît Gendron, représentant du SNUEP-FSU, ce dispositif est arrivé trop tard. « Le sentiment partagé par une grande majorité d’enseignants, c’est que cette journée banalisée était d’un anachronisme indécent. Elle aurait dû intervenir dès la semaine dernière, avant l’accueil des élèves », a-t-il déclaré.
Le représentant syndical a également exprimé le désarroi de la communauté éducative face à l’absence de l’autorité académique sur le terrain. « Nous déplorons l’absence et le silence de monsieur le recteur. Nous avons vécu un drame ici. Nous sommes bouleversés, choqués et émotionnellement perturbés », a-t-il ajouté.
Benoît Gendron soulève par ailleurs des interrogations sur la gestion administrative antérieure au décès. Il affirme que l’enseignant avait été écarté de ses fonctions en mars, avant d’être réintégré à la rentrée alors que l’enquête judiciaire était toujours en cours, et évoque un avis défavorable du parquet à cette réintégration. Ces éléments n’ont pas été confirmés officiellement et demeurent, à ce stade, les seules affirmations du représentant syndical. « Compte tenu du contexte et de l’enquête toujours en cours, le rectorat n’aurait pas dû valider sa réintégration », estime-t-il.
Au moment du débrayage, le rectorat n’avait pas répondu aux sollicitations des enseignants. Ces derniers réclament désormais que le recteur se rende physiquement au lycée pour rencontrer les personnels et répondre à leurs questions. Benoît Gendron a prévenu qu’en l’absence de ce déplacement, le mouvement pourrait se durcir. La position officielle de l’autorité académique sur l’ensemble de ces critiques reste attendue.



