À Petit-Bourg, la population n’en peut plus. Confrontés depuis plusieurs semaines à d’importants échouements de sargasses, les habitants ont exprimé dimanche leur colère et leur inquiétude lors d’une réunion publique organisée par la municipalité. Les riverains dénoncent une situation sanitaire devenue insupportable et réclament enfin des réponses durables face à un phénomène qui empoisonne leur quotidien depuis plus d’une décennie.

Les habitants réclament des actes concrets de l’État

Les algues brunes, accumulées sur le littoral, dégagent du sulfure d’hydrogène en se décomposant. Ce gaz toxique, dont les odeurs envahissent désormais plusieurs quartiers jusque dans les terres, provoque des nuisances sanitaires majeures. À Petit-Bourg, les établissements scolaires sont eux-mêmes perturbés par cette pollution persistante, affectant la fin d’année des élèves et du personnel éducatif.

Malgré l’installation de barrages anti-sargasses, les échouements continuent de se multiplier. Les équipements déployés au large apparaissent rapidement saturés face à l’ampleur des masses d’algues dérivantes. Une situation qui alimente l’exaspération des habitants, convaincus que les moyens engagés restent largement insuffisants au regard de l’urgence sanitaire.

Lors de cette réunion tendue, plusieurs riverains ont dénoncé l’absence de solution pérenne après quinze années de crise répétée. Beaucoup pointent également un sentiment d’abandon de la part des pouvoirs publics face à un problème qui touche directement la santé des Guadeloupéens et fragilise l’économie locale.

Pour tenter d’améliorer la situation, la municipalité a présenté un nouveau système de collecte par aspiration destiné à accélérer le ramassage des algues avant leur putréfaction. L’objectif est de limiter les émissions toxiques en évacuant plus rapidement les sargasses accumulées sur le littoral.

Au-delà de Petit-Bourg, plusieurs communes de Guadeloupe restent confrontées à cette invasion récurrente. Plus de 2200 mètres cubes de sargasses ont encore été collectés ces derniers jours dans l’archipel. Face à une crise environnementale devenue structurelle, les habitants attendent désormais une véritable stratégie nationale capable de protéger durablement les territoires ultramarins français.

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