Tautira : la démolition des sanitaires du parc Tatatua divise élus et autorités

Le Service du tourisme de Polynésie française souhaite démolir les toilettes publiques du parc Tatatua, à Tautira, pour des raisons réglementaires et environnementales. Face à cette décision, la mairie et des habitants réclament une solution de remplacement avant toute destruction.
Depuis quatre mois, les sanitaires du parc Tatatua, à Tautira, sont cadenassés. Le Service du tourisme, gestionnaire du site, a acté leur démolition prochaine, invoquant des contraintes réglementaires liées aux travaux de protection du littoral, un rapport de bureau d’études signalant que le bâtiment « accentue localement les phénomènes d’érosion », ainsi que des actes de vandalisme répétés rendant leur entretien coûteux et difficile.
Inauguré en 2014 et orné de fresques représentant les rameurs de Maire Nui et les produits du terroir, le bloc sanitaire a servi les usagers du parc pendant douze ans. Le site accueille chaque week-end des activités sportives et de loisirs, une roulotte, une entreprise d’excursions en pirogue à voile, ainsi que des événements d’envergure. C’est précisément cet usage intensif qui alimente l’inquiétude des élus locaux face à une suppression sans solution immédiate de remplacement.
Le maire délégué de Tautira, Arnold Toheira, et le conseiller municipal Éric Pédupèbe ont exprimé leur opposition à la démolition pure et simple. Ils plaident pour une rénovation ou une reconstruction, et s’interrogent sur la cohérence de la décision : les travaux d’enrochement lancés le 21 octobre par le ministère des Grands travaux, pour un montant de 40 millions de francs, visent à protéger l’école et d’autres infrastructures, mais ne concernent pas directement l’emplacement des sanitaires. « On ne voit pas le rapport », résume le maire délégué, qui évoque également le risque que la nouvelle réglementation sur les constructions littorales empêche toute reconstruction future.
Une pétition adressée au gouvernement et au Service du tourisme a recueilli plus de 315 signatures en ligne et 120 signatures manuscrites à la mairie en moins de deux jours. Des usagers réguliers, mais aussi des touristes de passage, soulignent l’absence d’alternative satisfaisante : les toilettes de la mairie annexe ne sont accessibles qu’en semaine, et celles du parc Teafa, situé deux kilomètres plus loin, sont déjà hors service pour les hommes.
Si la mobilisation va jusqu’à envisager un sit-in le jour des travaux de démolition, le maire délégué précise que cette action se ferait « sans mouvement de force ». Plusieurs pistes sont avancées : rénovation, reconstruction dans une zone moins exposée, installation de toilettes chimiques ou partenariat avec la commune pour assurer l’entretien.
Le Service du tourisme, de son côté, reconnaît « des désagréments occasionnés par l’absence de sanitaires » et indique que la démolition « n’exclut pas qu’une réflexion soit menée sur de futurs équipements mieux adaptés, implantés dans une zone moins exposée et dont les conditions de gestion permettraient un entretien durable ». Aucun projet concret n’est toutefois programmé à ce stade.


