Océane Trolue-Uhila, référente pour l’égalité professionnelle et la diversité auprès de la cour d’appel de Nouméa, a rencontré pendant deux jours les acteurs engagés contre les violences faites aux femmes à Wallis. Cette mission a permis d’identifier les obstacles culturels, juridiques et économiques rencontrés par les victimes, tout en faisant émerger plusieurs pistes d’action.

La magistrate intervient déjà sur ces questions en Nouvelle-Calédonie, notamment à travers des tables rondes consacrées à la prévention des violences et à l’accompagnement des femmes.

Son déplacement à Wallis devait permettre d’adapter cette réflexion aux réalités du territoire. Les échanges ont réuni des associations, des professionnels de la justice et d’autres personnes directement engagées auprès des victimes.

Le poids de la famille peut empêcher de parler

La libération de la parole reste difficile dans une société où les violences conjugales et familiales demeurent souvent considérées comme des sujets privés. Les victimes peuvent craindre les conséquences d’une dénonciation sur leur couple, leur famille, leur clan ou leurs relations avec leur belle-famille.

Ces pressions contribuent parfois à retarder le signalement des faits et la recherche d’une aide extérieure. La préservation de l’image familiale peut alors prendre le pas sur la protection immédiate de la femme victime.

Les difficultés ne sont pas uniquement culturelles. De nombreuses personnes connaissent mal les procédures judiciaires et ne savent pas précisément vers quel service se tourner.

La précarité et l’absence de revenus constituent également des obstacles majeurs. Une femme financièrement dépendante peut éprouver davantage de difficultés à quitter son domicile, engager une procédure ou se rendre auprès des services compétents.

Le respect des traditions locales ne peut jamais conduire à tolérer les violences. L’accès à la justice et la protection de l’intégrité des femmes relèvent de principes fondamentaux que les institutions de la République doivent garantir sur l’ensemble du territoire français.

Des solutions élaborées avec les acteurs locaux

Océane Trolue-Uhila a salué le travail réalisé par les associations ainsi que par le personnel du tribunal de première instance de Mata-Utu. Ces professionnels jouent un rôle essentiel pour accueillir, orienter et accompagner les victimes.

La magistrate a refusé d’arriver avec des recommandations préparées à l’avance. Les propositions ont été construites collectivement à partir des témoignages et des échanges organisés pendant les deux journées.

Trois grandes recommandations sont ressorties des travaux. La priorité clairement identifiée concerne l’accès au droit, afin que chaque victime puisse connaître ses recours, comprendre les démarches et trouver rapidement un interlocuteur.

Cette mission constitue une première étape. Le travail devra se poursuivre avec les associations, les professionnels et les institutions déjà présentes à Wallis, en tenant compte des contraintes sociales et économiques du territoire.

Une démarche comparable pourrait ensuite être engagée à Futuna selon les particularités de l’île. L’objectif doit rester concret : prévenir les violences, protéger immédiatement les victimes et permettre à la justice d’intervenir sans que le silence familial ou la dépendance financière fasse obstacle à l’application de la loi.

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