À la suite de l’affaire Lyhanna, qui a mis en lumière des défaillances dans le traitement de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, le ministère de la Justice a engagé une vaste opération de réexamen des procédures. Près de 70 000 dossiers ont déjà été analysés à travers la France, dont plusieurs milliers dans les territoires ultramarins, afin de mieux protéger les victimes et d’accélérer les procédures les plus sensibles.

Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Justice, 85 047 plaintes pour infractions sexuelles sur mineurs ont été recensées dans les juridictions françaises. À ce jour, 69 626 dossiers ont déjà fait l’objet d’un nouvel examen. Les Outre-mer sont pleinement concernés par cette opération, avec 688 dossiers réexaminés en Guadeloupe, 585 sur 1 021 en Martinique, 95 sur 773 en Guyane, 1 050 sur 1 392 à La Réunion, 44 sur 342 en Nouvelle-Calédonie et 516 sur 623 en Polynésie française.

Cette campagne intervient dans un contexte où les associations, les travailleurs sociaux et les magistrats alertent régulièrement sur les violences subies par les mineurs et sur les délais parfois très longs entre le dépôt d’une plainte et les décisions judiciaires. Pour de nombreuses familles, la rapidité de la réponse judiciaire demeure un enjeu majeur lorsqu’il s’agit de protéger un enfant.

Des procédures renforcées face à un phénomène préoccupant

Le ministère indique que 61,5 % des infractions recensées relèvent de délits, tandis que 38,5 % sont qualifiées de crimes. Il ressort également de ce travail de réexamen que 91,4 % des personnes mises en cause ne présentaient pas d’antécédents judiciaires connus, alors que 16,5 % des auteurs présumés n’ont pas encore été identifiés. Par ailleurs, 64 % des victimes identifiées sont aujourd’hui majeures.

Cette opération a permis de repérer 970 dossiers considérés comme prioritaires, notamment lorsque les victimes sont encore mineures ou que les auteurs présumés présentent un risque particulier de récidive. Elle s’est également traduite par l’ouverture de 1 350 informations judiciaires et par 675 incarcérations. Si ces résultats témoignent d’une volonté de renforcer la réponse pénale face aux violences sexuelles commises contre les enfants, ils illustrent également l’ampleur du défi auquel la justice reste confrontée, en Outre-mer comme dans l’ensemble du territoire national.

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