Coupe de France féminine : l’insécurité à Mayotte contraint le FC M’Tsapéré à jouer à La Réunion

La finale interrégionale de la Coupe de France féminine, qui devait se tenir à Mayotte, a été délocalisée à La Réunion. Le FC M’Tsapéré affrontera la Saint-Pauloise FC le 31 octobre, loin de ses supporters et peut-être de certaines de ses joueuses. Une décision qui illustre, une fois de plus, le coût concret de l’insécurité pour le sport mahorais.
C’est une nouvelle illustration des conséquences tangibles de l’insécurité qui sévit à Mayotte. La finale interrégionale de la Coupe de France féminine, qui aurait dû se jouer sur l’île, se tiendra finalement à La Réunion le 31 octobre prochain. Le Football Club de M’Tsapéré devra donc faire le déplacement pour affronter la Saint-Pauloise FC, club réunionnais qui a saisi la Fédération française de football pour obtenir cette délocalisation, invoquant des craintes pour la sécurité de ses joueuses après les violences survenues à Sada le 26 septembre dernier.
La Fédération française de football et la préfecture de Mayotte ont toutes deux soutenu cette demande, soulignant également l’absence de terrain homologué sur l’île. Selon le principe d’alternance géographique en vigueur, c’est pourtant le FCM qui aurait dû recevoir : les Mahoraises s’étaient déjà déplacées à La Réunion l’année précédente. Ce droit à domicile leur est donc confisqué, sans qu’elles en soient responsables.
Les conséquences sportives et logistiques sont lourdes. Le club mahorais devra se passer du soutien de son public local. Plus grave encore, certaines joueuses étrangères évoluant au sein de l’effectif devront formuler des demandes de visa pour pouvoir participer à la rencontre, une démarche incertaine qui pourrait priver l’équipe de joueuses clés.
Ce scénario n’est pas inédit. En 2024, le Basket Club M’Tsapéré avait déjà subi le même sort lors des finales de zone océan Indien. Contraint de se rendre à La Réunion après que le Basket Club Dionysien avait refusé de se déplacer à Mayotte, le club mahorais avait finalement perdu de justesse. Le sport ultramarin paie ainsi, à répétition, le prix d’une situation sécuritaire dégradée.
Sur le plan sportif, le FCM aborde cette finale dans une position délicate. Lors de leur précédente confrontation en Coupe de France féminine, en septembre 2025, la Saint-Pauloise FC s’était imposée sur le score sans appel de 4 à 0. Les Mahoraises auront à cœur de renverser la tendance, mais devront le faire dans des conditions particulièrement défavorables.


