Voilà une hausse qui ne se cache pas derrière des mots doux : depuis le 1er mai 2026, le Central Electricity Board (CEB) a relevé de 15% les tarifs de l’électricité à Maurice, décision validée en Conseil des ministres. Résultat, le kilowattheure grimpe et ce sont les foyers comme les entreprises qui encaissent, sans fanfare, cette addition venue de loin. L’île soeur, très dépendante des hydrocarbures importés, se retrouve suspendue aux soubresauts du Moyen-Orient et au blocus du détroit d’Ormuz, comme si un robinet fermé à des milliers de kilomètres pouvait régler le quotidien dans les cuisines de Port-Louis.
Quand l’énergie devient une taxe déguisée sur la vie quotidienne
Le chiffre donne le tournis : chaque commande de carburant (sans-plomb, gasoil, fuel lourd) coûterait en moyenne 1,5 milliard de roupies mauriciennes supplémentaires, soit environ 27,28 millions d’euros, selon L’Express de Maurice. Face à ça, l’État choisit la répercussion, pas le bouclier, et chacun se débrouille. Le Bureau de gestion de l’efficacité énergétique pousse donc une logique de survie domestique, consommer pendant les heures creuses, traquer les pics, lisser l’usage comme on serre une vis. Même le CEB l’admet à demi-mot : « On pensait initialement mener la campagne uniquement en été, mais avec la situation à l’international, on a été contraint de la poursuivre, de manière plus légère, mais de la poursuivre quand même », explique son responsable de la communication, Thierry Ramasawamy.
Reste la question politique, la vraie, celle qu’on évite souvent : combien de temps une île peut-elle accepter que son électricité dépende d’un baril et de rapports de force géopolitiques, tout en demandant à ses entreprises de rester compétitives et à ses familles de ne pas décrocher ? Les recettes d’économies d’énergie font le job à la marge, elles ne remplacent pas une stratégie, encore moins une souveraineté énergétique, même partielle. Et pendant que certains, à gauche, adorent promettre des « solutions » en distribuant de l’argent public qu’ils n’ont pas, la réalité rappelle sa règle simple : l’énergie se paie, toujours, soit sur la facture, soit dans les impôts… alors Maurice choisira-t-elle l’investissement et la production locale, ou la résignation organisée au prochain choc ?



