L’État a autorisé le versement d’une troisième tranche de 115 millions d’euros, soit plus de 13 milliards de francs CFP, dans le cadre du prêt garanti accordé à la Nouvelle-Calédonie. Cette somme doit être versée entre le 28 et le 31 août afin de permettre à la collectivité de financer ses dépenses au mois de septembre.
Le président du gouvernement calédonien, Milakulo Tukumuli, a confirmé mercredi matin l’accord de Paris. Cette enveloppe correspond précisément au besoin de financement que l’exécutif territorial avait évalué pour éviter une paralysie budgétaire à la fin du mois d’août.
Plusieurs réunions ont été organisées entre le gouvernement calédonien et la mission interministérielle. Le directeur de cette dernière s’est notamment entretenu avec le cabinet du Premier ministre dans la nuit précédant l’annonce.
Une aide sans contrepartie immédiate
Cette troisième tranche du prêt sera versée sans nouvelle condition immédiate. Milakulo Tukumuli y voit une marque de confiance du gouvernement national envers l’exécutif calédonien.
Cette décision ne règle cependant pas la crise financière sur le fond. Selon le président du gouvernement, les 115 millions d’euros permettront seulement de combler les besoins pendant un mois. Une nouvelle intervention pourrait devenir nécessaire dès octobre.
Les prochains financements pourraient en revanche être conditionnés à l’adoption de réformes. La Nouvelle-Calédonie devra donc présenter des mesures crédibles pour réduire durablement ses déficits, restaurer l’activité économique et stabiliser ses comptes publics.
La solidarité nationale permet d’éviter une rupture immédiate du fonctionnement de la collectivité. Mais un prêt garanti demeure une dette et ne peut remplacer une politique de redressement fondée sur la responsabilité budgétaire, le soutien aux entreprises et le retour de la stabilité.
Des crédits redirigés vers le chômage
Le gouvernement a également annoncé le redéploiement de 500 millions de francs CFP vers le régime d’assurance chômage de la CAFAT. Ces crédits étaient initialement destinés à un dispositif de retour à l’emploi lancé en 2025, qui n’a pas obtenu les résultats attendus.
Une partie de cette enveloppe pourrait financer l’allocation de maintien dans l’emploi. Ce mécanisme a pris fin le 31 juillet et les nouveaux dossiers sont actuellement suspendus dans l’attente d’une éventuelle prolongation.
Le texte nécessaire à sa prorogation doit encore être examiné par le Congrès. Le gouvernement devra déterminer s’il souhaite maintenir cette aide et préciser les catégories de salariés et d’entreprises qui pourraient en bénéficier.
Milakulo Tukumuli présentera sa déclaration de politique générale lundi 24 août devant le Congrès. Une délégation calédonienne transpartisane se rendra ensuite à Paris du 1er au 5 septembre pour rencontrer le Premier ministre, les ministres chargés des Outre-mer et des Finances ainsi que les présidents des deux chambres du Parlement.
Le soutien de la France protège la Nouvelle-Calédonie d’un effondrement financier immédiat. Il doit désormais s’accompagner de décisions fermes pour rétablir l’ordre économique, sécuriser les investissements et replacer durablement le territoire sur la voie de la croissance.



