Un contrôle sanitaire inopiné, mené conjointement par l’Agence régionale de santé et la SAUR, a révélé la présence de bactéries dans le réseau d’eau potable de deux écoles primaires de Pointe-Noire, en Guadeloupe. Les prélèvements effectués dans les établissements de Guyonneau et des Plaines ont mis en évidence plusieurs contaminants préoccupants, parmi lesquels des bactéries aérobies, des entérocoques, des coliformes ainsi que la bactérie E. Coli. Selon l’ARS, l’origine de cette pollution serait à chercher dans les citernes tampon installées par la commune pour pallier les pénuries d’eau récurrentes que connaît le territoire.

Cet incident relance un débat de fond sur la gestion de l’eau dans les collectivités ultramarines, régulièrement confrontées à des problèmes d’approvisionnement qui poussent les municipalités à multiplier les dispositifs palliatifs, parfois au détriment de la sécurité sanitaire. Grégory Cabrion, élu de l’opposition municipale et responsable du groupe politique Objectif 116, a interpellé la majorité en exigeant de nouvelles investigations dans l’ensemble des établissements de la commune, ainsi qu’un arrêt immédiat de la consommation d’eau, la mise à disposition de packs d’eau, voire la fermeture temporaire des écoles concernées. Il appelle par ailleurs à l’élaboration d’un plan d’action structuré dès la prochaine rentrée scolaire, afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Une réaction municipale rapide mais une polémique écartée

La maire de Pointe-Noire, Camille Elisabeth, a tenu à souligner la promptitude de sa réponse face à cette situation. Dès la communication des résultats d’analyses, elle a fait intervenir le service technique communal pour couper l’alimentation en eau, installer une dérivation permettant de court-circuiter la citerne tampon défaillante, et mettre en place un branchement direct en attendant une purge complète du dispositif. Le prestataire en charge de l’équipement a également été sollicité pour procéder aux vérifications nécessaires et rétablir un fonctionnement normal. La municipalité assure disposer de stocks d’eau permettant de répondre à ce type de situation d’urgence, notamment pour les besoins sanitaires des écoles, des bouteilles d’eau potable étant par ailleurs distribuées à la communauté scolaire pour la consommation.

Si la maire estime qu’il n’y a pas lieu d’alimenter une polémique sur ce dossier, l’opposition souhaite, elle, élargir le débat à l’échelle de la Guadeloupe tout entière. Grégory Cabrion plaide pour la généralisation de travaux d’entretien et de curage hebdomadaires, ainsi que pour un renforcement des contrôles sur l’ensemble des citernes installées sur le territoire, un dispositif devenu incontournable face aux pénuries d’eau qui touchent régulièrement l’archipel. Une exigence de rigueur et d’anticipation qui s’impose, alors que la sécurité sanitaire des enfants scolarisés ne saurait être sacrifiée sur l’autel de solutions provisoires mal entretenues.

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