Polynésie : le Salon du livre de Tahiti ouvre ses portes autour du thème des « Révolutions »

Par Alex Ysen 3 min de lecture
Polynésie : le Salon du livre de Tahiti ouvre ses portes autour du thème des « Révolutions »
Polynésie : le Salon du livre de Tahiti ouvre ses portes autour du thème des « Révolutions » Image : DR

La 26e édition du Salon du livre se tient du 15 au 20 octobre à la Maison de la culture de Papeete. Organisé par l’association des éditeurs de Tahiti et des îles, l’événement met à l’honneur la vitalité de la création littéraire océanienne et le dynamisme de la lecture publique en Polynésie française.

Du 15 au 20 octobre, la Maison de la culture – Te Fare Tauhiti Nui accueille la 26e édition du Salon du livre de Tahiti. Le thème retenu cette année, « Révolutions », a été proposé par l’association Littéramā’ohi et sera décliné sous de multiples angles : numérique, intelligence artificielle, renouveau culturel et linguistique.

Christian Robert, président de l’association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) et éditeur d’Aux vents des îles, se félicite de la richesse du programme. « C’est un thème très agréable à travailler, et ça va être intéressant », confie-t-il. Il souligne également la montée en puissance de la production littéraire locale : « Il y a une richesse d’écriture en Océanie », assure-t-il, citant plusieurs auteurs publiés récemment par Littéramā’ohi, dont Rehia Tepa, Valérie Murat ou encore Leila Lissant Ercoli.

L’AETI entend s’affirmer comme « un carrefour littéraire en Océanie », avec des invités venus de toute la région : la Maorie Briar Grace Smith, l’Indo-Fidjienne Nilima Rao ou encore Russel Soaba de Papouasie Nouvelle-Guinée figureront parmi les participants. Des tables rondes animeront le programme, notamment sur le renouveau de la danse polynésienne avec Marguerite Lai, sur la langue avec Mirose Paia, maître de conférence en linguistique océanienne, et sur le renouveau culturel marquisien avec Toti Teikiehuupoko, directeur de l’Académie marquisienne.

Pour Littéramā’ohi, le choix du thème « Révolutions » n’est pas anodin. Percy Neagle, secrétaire adjoint de l’association, rappelle que « le livre a été pendant un long moment un outil qui a été censuré car il a un pouvoir, celui de changer les choses et de les faire évoluer ». Le trésorier adjoint Rehia Tepa y voit quant à lui « l’ADN même de notre association, où on essaie de faire avancer les choses, de libérer les consciences, les mentalités ». L’association inaugure par ailleurs une nouvelle rubrique intitulée Vevo Fenua, présentée comme « une révolution symbolique au niveau autochtone du rattachement à sa terre ».

Au-delà de la programmation culturelle, le Salon illustre une tendance encourageante pour la lecture publique en Polynésie. Vaitua Tokoragi, directeur de la Maison de la culture, se réjouit de chiffres en nette progression : « Cette année, on atteindra bientôt les 90 000 emprunts à l’année contre une cinquantaine de mille il y a quelques années. » Un résultat obtenu grâce à un investissement annuel d’environ 20 millions de francs CFP consacré à la lecture publique, et qui contraste avec la tendance nationale à la baisse de la fréquentation des bibliothèques relevée par le Centre national de lecture. « La lecture est un acte de citoyenneté », résume Vaitua Tokoragi, pour qui l’accès au livre constitue à la fois un droit et un devoir collectif.