Une déclaration commune signée par plus de 115 personnalités de Guadeloupe et de Martinique a été rendue publique le 6 juin dernier à l’issue d’une réunion tenue au Téat otonom Mawon à Fort-de-France. Cette initiative, qui a rassemblé des participants des deux îles en présentiel et en visioconférence, exprime les préoccupations de citoyens ultramarins face aux échéances électorales de 2027. Les signataires agissent à titre personnel et entendent faire entendre la voix des territoires d’outre-mer dans le débat politique national.

L’élection présidentielle française de 2027 se tiendra au premier semestre de cette année, avec un premier tour prévu le 11 ou le 18 avril et un second tour le 25 avril ou le 2 mai selon les règles constitutionnelles en vigueur. Emmanuel Macron, élu en 2017 et réélu en 2022, ne pourra pas se représenter en vertu de l’article 6 de la Constitution qui limite le mandat présidentiel à deux mandats successifs depuis la loi constitutionnelle de 2008. Cette situation ouvre une nouvelle séquence politique dont les conséquences pour les territoires ultramarins suscitent l’attention.

Un scrutin crucial pour les territoires ultramarins

Dans leur déclaration, les signataires évoquent le contexte politique français marqué par le ralliement croissant des droites aux positions du Rassemblement national, l’affaiblissement de la majorité présidentielle et les divisions de la gauche. Ils estiment que ces évolutions rendent possible une confrontation entre deux blocs lors du scrutin de 2027, l’un conduit par le RN et l’autre par la gauche radicale. Cette configuration électorale soulève pour eux des interrogations sur les conséquences que pourrait avoir un tel affrontement pour l’avenir institutionnel et économique des territoires ultramarins.

L’initiative illustre la volonté d’une partie de la société civile guadeloupéenne et martiniquaise de participer activement au débat démocratique national à dix mois d’une échéance décisive. La question du positionnement des Outre-mer dans le paysage politique français reste centrale alors que les enjeux de développement économique, d’emploi et de cohésion territoriale demeurent au cœur des préoccupations locales. Les prochains mois devraient voir se préciser les programmes des différents candidats et leur vision pour ces territoires intégrés à la République française.

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