Les Réunionnais peuvent participer jusqu’au 26 novembre au débat public consacré au Réunion Express, le futur réseau ferroviaire régional entre Saint-Benoît et Saint-Joseph. Avec 140 kilomètres de voies et un investissement supérieur à 5 milliards d’euros, ce projet majeur doit faire l’objet d’un examen rigoureux sur son financement, son utilité et ses conséquences pour le territoire.

La première réunion publique s’est tenue mercredi 19 août à Saint-Denis. La Commission nationale du débat public pilote cette consultation obligatoire en raison de l’ampleur physique et financière du projet présenté par la Région Réunion.

Le tracé doit relier l’est au sud de l’île en passant par le nord et l’ouest. Il ambitionne de proposer une solution aux difficultés de circulation qui pénalisent quotidiennement les habitants et les entreprises. La Région estime que La Réunion cumule chaque jour plus de 30 kilomètres d’embouteillages et que certains usagers passent entre deux et trois heures dans les bouchons.

Financement, tracé et expropriations au cœur du débat

La consultation doit permettre aux habitants de se prononcer sur l’opportunité même du train, son impact environnemental, son financement, son implantation territoriale et sa fréquentation future.

Le projet pourrait traverser plusieurs zones sensibles du littoral et avoir des conséquences sur la biodiversité. Il nécessitera également la mobilisation de terrains et pourrait conduire à des expropriations. Ces questions doivent être examinées avant que le tracé et les conditions de réalisation ne soient définitivement arrêtés.

Le coût de plus de 5 milliards d’euros constitue un autre enjeu central. Les contribuables sont en droit de connaître la répartition du financement, les engagements demandés à l’État et aux collectivités ainsi que les risques de dépassement budgétaire.

La CNDP doit recueillir l’ensemble des contributions, puis produire une synthèse dans les deux mois suivant la clôture du débat. Ce rapport sera transmis à la Région Réunion, qui devra ensuite préciser les suites données aux remarques et aux propositions des habitants.

Plusieurs rendez-vous organisés jusqu’en novembre

Des réunions publiques sont prévues dans les différentes microrégions. Après Saint-Denis, les débats doivent se poursuivre à Saint-Benoît le 20 août, à Saint-Pierre le 25 août, au Port le 26 août, au Tampon le 27 août et à Sainte-Marie le 1er septembre.

Des ateliers porteront ensuite sur la gouvernance du projet, le calendrier des travaux, l’accès aux gares, les déplacements depuis les Hauts, l’énergie, l’environnement, les tarifs et la qualité du futur service.

Réunion La 1ère doit également accueillir plusieurs débats dans l’émission Kozman 1ère, notamment les 20 août, 8 septembre et 6 octobre. Les habitants peuvent aussi participer en ligne par l’intermédiaire du site de la CNDP et du parcours numérique « Alon Kozé ».

Le début des travaux est envisagé pour 2030 et la mise en service du premier tronçon pour 2035. Un réseau ferroviaire moderne pourrait soutenir l’activité économique, faciliter les déplacements et réduire la dépendance à la voiture. Mais un investissement de cette ampleur ne peut réussir qu’avec un financement crédible, une maîtrise stricte des coûts, le respect du droit de propriété et une véritable utilité pour les Réunionnais.

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