Première femme kanak à exercer comme juge au tribunal de première instance de Nouméa, Océane Trolue-Uhila est en mission à Wallis du 13 au 21 août. La magistrate doit rencontrer les professionnels de la justice, les associations et les femmes du territoire afin d’échanger sur leurs droits et sur l’accompagnement des victimes de violences ou de discriminations.
Une première table ronde s’est tenue lundi 17 août dans les locaux du tribunal de première instance de Mata-Utu. Cette rencontre a permis d’aborder la place des femmes dans la société wallisienne ainsi que leurs rapports avec l’institution judiciaire.
D’autres réunions doivent être organisées avec les associations locales. Les échanges portent notamment sur l’équilibre entre les traditions du territoire, les évolutions de la société et le respect des droits garantis par la République.
Améliorer le parcours judiciaire des victimes
La mission doit permettre d’examiner les différentes étapes auxquelles sont confrontées les victimes de violences et de discriminations. L’objectif est d’identifier les difficultés rencontrées lors d’un signalement, d’un dépôt de plainte ou d’une procédure judiciaire.
Les discussions avec les professionnels et les associations doivent également faire émerger des propositions concrètes adaptées aux réalités de Wallis-et-Futuna. La proximité, l’écoute et la bonne coordination des acteurs sont essentielles pour que les victimes puissent accéder effectivement à la justice.
Océane Trolue-Uhila connaît déjà plusieurs responsables judiciaires du territoire. Des échanges avaient précédemment été engagés avec le président et le procureur du tribunal de première instance de Mata-Utu.
Une magistrate engagée pour l’égalité
Au-delà de ses fonctions à Nouméa, Océane Trolue-Uhila est référente pour l’égalité professionnelle et la diversité dans le ressort de la cour d’appel de Nouméa.
La magistrate est également présentée comme ambassadrice des peuples autochtones. Elle a été sélectionnée pour rejoindre la promotion 2026 du programme de formation des Nations unies consacré aux droits des peuples autochtones, organisé à Genève.
Sa présence à Wallis doit favoriser le partage d’expériences entre des territoires du Pacifique confrontés à des enjeux communs, tout en tenant compte de leurs particularités culturelles. La protection des femmes et la lutte contre les violences exigent une justice accessible, ferme et respectueuse des réalités locales.
La mission se poursuivra jusqu’au 21 août. Elle doit aboutir à un état des lieux et à des pistes d’action pour renforcer la prise en charge des victimes sur le territoire.



