Une violente bagarre a éclaté mardi matin dans une cour de promenade du centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis de La Réunion. Selon FO Justice, les affrontements auraient commencé après la projection d’un colis depuis l’extérieur. L’ensemble du personnel a dû être mobilisé pour rétablir l’ordre.
Les incidents ont débuté vers 9 heures dans la cour du bâtiment F. Plusieurs échauffourées se sont rapidement formées à différents endroits, obligeant les agents présents dans l’ensemble de l’établissement à intervenir.
Des armes artisanales auraient été découvertes ou aperçues au cours des affrontements. Le contenu du colis à l’origine présumée de la bagarre n’a pas été précisé.
Une prison deux fois plus remplie que sa capacité
FO Justice estime que cet incident illustre le niveau de tension particulièrement élevé au sein de la prison de Saint-Denis. Le syndicat affirme alerter depuis plusieurs mois sur la multiplication des violences et la recrudescence des affrontements entre groupes de détenus.
L’UFAP UNSA Justice Réunion Mayotte souligne pour sa part les conséquences de la surpopulation carcérale. Plus de 1 000 personnes sont détenues à Domenjod, alors que l’établissement dispose officiellement de 575 places.
Cette saturation dégrade les conditions de détention et complique considérablement la mission des surveillants. Elle favorise également les tensions dans les cellules et les espaces collectifs, où les agents doivent intervenir dans un environnement de plus en plus dangereux.
La prison de Domenjod n’est pas la seule concernée. Le centre de détention du Port et la maison d’arrêt de Saint-Pierre connaissent eux aussi une forte saturation.
Les syndicats réclament des renforts immédiats
L’UFAP UNSA demande le recrutement immédiat de surveillants sur les 25 postes actuellement vacants au centre pénitentiaire de Saint-Denis. Le syndicat réclame également des transferts de détenus pour des raisons d’ordre et de sécurité.
FO Justice exige des mesures rapides contre les projections de colis depuis l’extérieur. Ces envois clandestins peuvent permettre l’introduction de téléphones, de stupéfiants ou d’objets dangereux, même si le contenu du colis impliqué dans cet incident reste inconnu.
Les syndicats appellent enfin l’administration pénitentiaire à répondre simultanément au manque d’effectifs, à la surpopulation et à la multiplication des violences. L’autorité de l’État ne peut s’arrêter aux portes des prisons. La sécurité des agents exige des moyens adaptés, des sanctions effectives et un contrôle renforcé des abords de l’établissement.



