À peine installé à la tête de la préfecture de Mayotte, Frédéric Poisot a multiplié les prises de position sur plusieurs dossiers explosifs du territoire. Immigration clandestine, risque Ebola, contrôle des frontières ou encore crise de l’eau : le représentant de l’État veut afficher une ligne d’autorité et rassurer une population mahoraise confrontée à une forte tension sécuritaire et sociale.
Invité sur le plateau de Mayotte la 1ère, le nouveau préfet a d’abord tenu à relativiser les craintes liées à une éventuelle importation du virus Ebola sur l’île. Selon lui, les autorités sanitaires considèrent aujourd’hui le risque comme « très faible », notamment en raison des durées de trajet et des délais d’incubation du virus. Un dispositif de surveillance sanitaire renforcé a néanmoins été mis en place avec l’Agence régionale de santé afin de pouvoir réagir rapidement en cas d’alerte.
Frédéric Poisot a également répondu aux inquiétudes exprimées par certains syndicats policiers concernant les équipements de protection. À ce stade, les autorités sanitaires estiment que les masques et les gants demeurent suffisants, même si des discussions sont engagées avec le ministère de la Santé pour renforcer le dispositif si la situation évoluait.
Sur le dossier particulièrement sensible de l’immigration clandestine, le nouveau préfet a surtout voulu marquer une rupture claire avec l’hypothèse de création d’un camp de migrants évoquée auparavant. Frédéric Poisot affirme qu’aucune décision n’a été prise en ce sens et assure qu’un tel projet ne pourrait voir le jour sans concertation avec les élus locaux.
Contrôles renforcés et bataille contre les réseaux de passeurs
Le préfet annonce en revanche vouloir adapter les dispositifs de surveillance maritime face aux nouvelles méthodes utilisées par les filières clandestines. À Mayotte, où la pression migratoire reste extrêmement forte, la question du contrôle des frontières demeure l’un des principaux sujets de tension politique et sécuritaire.
Concernant le camp informel de Tsoundzou, où vivent de nombreux migrants dans des conditions précaires, Frédéric Poisot indique avoir demandé un renforcement des contrôles de police autour du site. Le représentant de l’État affirme avoir constaté l’apparition d’une organisation structurée autour des arrivées clandestines, notamment via certains réseaux de transport informels.
Le préfet souhaite également accélérer le traitement des demandes d’asile afin de distinguer plus rapidement les personnes pouvant bénéficier d’une protection de celles qui devront quitter le territoire. En 2024, plus de 2.600 décisions ont été rendues à Mayotte en matière d’asile, avec une forte proportion de demandes émanant de ressortissants congolais.
Autre dossier brûlant : la crise de l’eau. Alors qu’un nouveau durcissement des tours d’eau est attendu, Frédéric Poisot annonce vouloir travailler à une « juste facturation » en améliorant les dispositifs de comptage et en accélérant les réparations de fuites. Selon lui, les pertes sur le réseau restent considérables et pénalisent lourdement les habitants comme les finances publiques.
Le préfet promet également un soutien financier pour équiper les écoles en cuves à eau avant la prochaine rentrée scolaire. Une réunion avec les maires est prévue début juin afin de faire le point sur les infrastructures et la coordination entre l’État et les collectivités locales, dans un territoire où les attentes envers l’autorité républicaine restent immenses.



