Le tribunal correctionnel de Nouméa a condamné un homme à dix mois de prison avec sursis probatoire pour avoir échangé des messages à caractère sexuel avec une mineure fictive créée par l’association Truly. L’affaire, qui remonte à mai 2026, relance le débat sur les méthodes employées par cette organisation, spécialisée dans le signalement de prédateurs sexuels actifs sur les réseaux sociaux.
L’individu avait donné rendez-vous à ce qu’il croyait être une adolescente de treize ans à Dumbéa. Il s’agissait en réalité d’un faux profil administré par l’association, qui a ensuite alerté les forces de l’ordre, conduisant à son interpellation.
Les méthodes de l’association au cœur des débats
Au cours de l’audience, la défense a vivement contesté les pratiques de Truly. L’avocat du prévenu a estimé que la recherche de prédateurs sexuels relevait exclusivement des autorités judiciaires et policières, dénonçant une association qui, selon lui, tend un piège aux personnes qu’elle cible.
Le ministère public s’est également interrogé sur ce type de procédure, soulignant le caractère inhabituel d’une affaire reposant sur une victime fictive créée par une association. Pour autant, ces observations n’ont pas remis en cause les poursuites engagées contre le prévenu.
Truly dénonce un manque de mobilisation
Président de l’association Truly, Brad a regretté que les débats se soient largement concentrés sur les méthodes de son organisation plutôt que sur les faits reprochés au prévenu.
Selon lui, les associations de protection de l’enfance pallient les insuffisances de la lutte contre la pédocriminalité en ligne. Truly affirme avoir transmis environ 400 signalements aux autorités depuis sa création en 2021, aussi bien en Nouvelle-Calédonie qu’en métropole.
Une condamnation assortie d’une obligation de soins
À l’audience, le prévenu a reconnu avoir souhaité rencontrer celle qu’il croyait être une adolescente de treize ans, affirmant vouloir « voir comment elle était formée » avant d’envisager un passage à l’acte.
Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés. Il a été condamné à dix mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant vingt-quatre mois, assortis d’une obligation de soins.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les difficultés liées à la lutte contre les prédateurs sexuels sur internet, ainsi que les interrogations juridiques suscitées par les opérations de repérage menées par des associations se faisant passer pour des mineurs sur les réseaux sociaux.



