Deux organisations syndicales de l’Université de Mayotte, la CGT Éduc’Action et Sup’Recherche-UNSA, ont adressé une lettre ouverte au Président de la République, Emmanuel Macron, pour dénoncer de graves dysfonctionnements au sein de l’établissement. Elles réclament l’envoi d’une nouvelle mission indépendante de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche ainsi que la mise sous administration provisoire de l’université, estimant que la situation compromet désormais son bon fonctionnement.

Les syndicats affirment que l’université traverse une succession de crises administratives, financières et sociales. Ils mettent notamment en cause la gouvernance de l’établissement, évoquant une gestion contestée des ressources humaines, une procédure de recrutement annulée par le Conseil d’État, des soupçons de favoritisme, des difficultés liées à la cyberattaque de décembre 2023 ainsi qu’un climat social marqué par plusieurs plaintes et tensions internes. Selon eux, les conclusions de la mission d’inspection menée en 2025 n’ont jamais été rendues publiques.

Les représentants syndicaux soulignent également les conséquences de cette situation sur les étudiants. Ils évoquent des mouvements sociaux répétés, un encadrement pédagogique insuffisant et des conditions d’études dégradées. L’Université de Mayotte accueille près de 1 700 étudiants mais ne compterait qu’un seul professeur des universités titulaire, ce qui en ferait l’établissement présentant le plus faible taux d’encadrement professoral de France.

Dans leur courrier, les syndicats demandent officiellement une nouvelle mission d’inspection indépendante, la mise sous administration provisoire de l’université conformément au Code de l’éducation et la publication des conclusions de la précédente inspection. À ce stade, ces accusations reflètent uniquement la position des organisations syndicales. La direction de l’Université de Mayotte n’a pas encore réagi publiquement à ces nouvelles demandes.

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