Les premiers détenus ont été transférés dans le nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée du centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne. Cette ouverture préfigure celle d’un établissement comparable à Saint-Laurent-du-Maroni en 2028, qui doit renforcer la réponse de l’État face aux narcotrafiquants et aux réseaux criminels présents en Guyane.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a confirmé l’arrivée des premiers détenus dans ce quartier conçu pour limiter leurs communications avec l’extérieur et les empêcher de poursuivre leurs activités depuis leur cellule.

Réau devient le troisième site français de ce type après Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, et Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. Deux autres quartiers doivent ouvrir à Valence et Aix-en-Provence en 2027.

Vingt détenus encadrés par 41 agents

Le quartier de Réau dispose de 20 places au sein d’un centre pénitentiaire qui en compte 800. Les détenus seront surveillés par 41 agents, dont 34 surveillants, ainsi que des brigadiers-chefs et des officiers.

Environ 4,5 millions d’euros de travaux ont été nécessaires pour transformer une partie de l’ancienne maison centrale. À titre de comparaison, les aménagements de Vendin-le-Vieil ont coûté 4 millions d’euros et ceux de Condé-sur-Sarthe 5 millions.

Selon le gouvernement, entre 500 et 700 personnes parmi les 88 000 détenus incarcérés en France présentent un niveau de dangerosité justifiant une prise en charge renforcée.

Ces quartiers accueillent notamment des personnes impliquées dans le narcotrafic, la traite des êtres humains, le proxénétisme, le trafic de migrants ou la contrebande de tabac. Environ 20 % ont déjà été condamnées et 80 % sont encore en attente de jugement.

La Guyane accueillera le premier QLCO ultramarin

Le futur quartier de Saint-Laurent-du-Maroni doit ouvrir en 2028. Il sera le premier établissement ultramarin intégré au programme national lancé après la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic.

Frontalière du Brésil et du Suriname, la Guyane est particulièrement exposée aux réseaux de trafic de stupéfiants et d’orpaillage illégal. L’ouverture d’un quartier spécialisé doit permettre de maintenir sur le territoire les détenus les plus dangereux tout en neutralisant leur influence extérieure.

Le projet avait suscité des protestations lors de son annonce. Plusieurs élus et habitants avaient dénoncé un manque de concertation et rappelé le traumatisme historique laissé par les bagnes. La création d’un établissement pénitentiaire moderne ne saurait toutefois être assimilée au système de déportation du passé.

La sécurité des Guyanais exige une réponse adaptée à la puissance des organisations criminelles. Le futur quartier devra être strictement sécurisé, correctement doté en personnel et pleinement intégré à une politique plus large de lutte contre les trafics. La Guyane n’a pas vocation à devenir un refuge pour les réseaux criminels, mais un territoire français où l’autorité de l’État s’exerce sans faiblesse.

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